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jeudi 12 juin 2008

Orgasme et éjaculation

Voilà un dialogue que j’ai eu avec l’un des lecteurs de L’amant tantrique.. Je le recopie ici, car je le trouve très intéressant...

Après avoir lu votre livre "L'amant tantrique", j'aimerais entendre votre expérience sur l'orgasme sans éjaculation : par une forte contraction des muscles du périnée, vous 'bloquez'  l'éjaculation. Mais ressentez-vous toutefois les pulsations de la prostate ?
Je ne suis pas un grand spécialiste d'orgasme de la prostate, laquelle ne doit pas être très sensible chez moi :-/. C'est pour cela que je n'en parle pas.. J'ai déjà pratiqué pas mal de choses autour de la prostate, mais pour moi c'est juste "bien", rien d'extraordinaire.. Je connais donc bien la théorie, mais je m’en tiens à la règle fondamentale “ne parle que de ce dont tu as fais l’expérience”... On risque moins de dire des bêtises...

En revanche, je connais bien le phénomène de rétention d’éjaculation... La rétention par contraction des muscles du périnée est la "dernière chance", quand ça va déborder... Mais d'autres techniques sont possibles avant: relâchement des muscles du bassin, diffusion de la tension sexuelle et de l'excitation dans tout le corps par relaxation et respiration lente..
Plus on s'améliore dans la rétention d'éjaculation, plus on peut "flirter" avec le point de non-retour et arriver juste en haut de l'orgasme sans éjaculation et sans rien bloquer.. C'est là que toutes les pulsations, vibrations, langues de feu d'énergie et autres phénomènes et sensations orgastiques sont les plus fortes...

il semble qu'il soit possible - d'après le Dr Keesling (Faire l'amour toute la nuit) - de ressentir un orgasme complet en contractant les muscles du périnée à un moment précis, avant le point de non-retour. Ce qui offre les sensations de l'orgasme sans la période réfractaire.
Je ne connais pas bien le livre de Keesling, mais il semble que ce soit a priori la même chose que ce dont je parle dans mon livre: on ressent effectivement un orgasme complet.. Il est même d'ailleurs, avec un peu de pratique, plus intense, car plus long, que lorqu’il y a éjaculation... On s'aperçoit de ce fait qu'orgasme et éjaculation sont bien disjoints.. L'éjaculation n'est plus alors qu'une sensation de pompe (pas spécialement agréable) suivie très rapidement de la sensation de douleur de la période réfractaire. Ce qu'il n'y a pas dans le cas d'une rétention d'éjaculation. Une fois qu’on devient habile dans les techniques de rétention, l’orgasme “standard” devient vraiment un peu plat, et on se dit “Tout ce tintamarre pour ça???”
Par rapport au titre du livre de Keesling, le but du tantra n'est pas de faire l'amour toute la nuit, mais d'accéder, au travers (entre autre, mais pas uniquement) du sexe, à un état de plénitude, qu'il y ait d'ailleurs orgasme ou non... Je crois que c'est d'ailleurs là dessus que j'appuierai si j'écris une suite à l'amant tantrique...
En particulier le moment APRES l'orgasme devient absolument merveilleux.. Cela peut provoquer des états de méditation et d'élévation spirituelle fantastique, comme si l’on était "shooté" à une drogue spirituelle, et cela induit un état de "reliance" avec le monde qui ressort de ce qu'on appelle "l'amour inconditionnel".. C'est entre autre cela qu'on appelle "l'extase"..
On peut ainsi écrire :

Orgasme du corps avec rétention + techniques respiratoires + relaxation = orgasme tantrique,


l’orgasme tantrique étant de fait nettement plus puissant que l'orgasme ordinaire (qui en plus "pompe l'énergie").

Est-ce cette 'méthode' que vous pratiquez ou une approche radicalement différente : une rétention séminale et orgasmique pour qu'un  phénomène d'extase puisse se mettre en place ?
Comme je vous le dit, j’ai connu l’approche de Keesling après avoir écrit mon livre. En fait d'après ce que je comprend, la technique du Dr Keesling est seulement l'une des techniques possibles, et je l'emploie aussi (ou plutôt je l’ai beaucoup employé, et elle ne me sert maintenant qu’en cas d’urgence ^_^).. C'est la plus basique et d'ailleurs c'est la première que l'on m'a appris dans le tantra.. Elle consiste effectivement à contracter les muscles PC “à mort” et à crier (en fait pour libérer les muscles de l’anus tout en contractant les muscles PC, et comme je l’ai écrit dans mon livre, il n’est pas nécessaire de crier). Mais en fait si on l’applique à la lettre, elle ne donne souvent accès qu’aux aspects les plus élémentaires de l’orgasme, sans entrer réellement dans le domaine de l’extase. Je vous conseille donc de commencer par celle là, mais ensuite de dépasser cette technique pour vous ouvrir à quelque chose de plus extatique.
Avec des techniques du type de celle présentée par le Dr. Keesling, l'orgasme reste essentiellement dans le sexe.. Après un certain temps de pratique, vous vous ouvrirez à des dimensions de diffusion de l'orgasme dans tout le corps qui passent pas la respiration et la relaxation. Ces techniques provoquent des orgasmes moins focalisées dans le sexe mais plus globaux et plus puissants.. Il ne s'agit pas à proprement parler de "contrôle", mais plutôt de relaxation dans l'excitation et de diffusion de l'excitation dans tout le corps, ce qui permet de faire monter l'orgasme dans tout le corps (et notamment le crâne qui est la zone extatique par excellence: c'est comme si votre tête baignait dans la jouissance absolue...)

Vous vous ouvrirez aussi à la pratique du "surf sur la vague de feu (ou vague de l’orgasme)" qui consiste à rester longtemps dans un état extrêmement voisin de l'orgasme (en fait l'état de "juste avant l'orgasme" qui est profondément puissant et merveilleux.. C'est là qu'apparaissent d'autres expériences telles que les montées d'énergie dans le dos ou langues de feu, etc..).. Mais avant toute chose, il faut apprendre à bien connaître son propre système orgasmique pour bien différencier le point d'orgasme du point d'éjaculation.. La découverte de cette différence est fondamentale...
Il me semble avoir présenté non seulement la technique initiale, mais aussi les autres techniques dans mon livre et dans ces réponses.. Mais je me rend compte qu'il y a encore beaucoup à dire sur le sujet et que cela n'est pas assez bien développé dans mon bouquin... Il en faudrait un second .
Donc, pour simplifier, je défend comme pratique à la fois la rétention de Keesling + les techniques extatiques de relaxation, ouverture et diffusion.

Pour en savoir plus sur l'extase, j'ai écrit un petit article sur http://www.intimefeminin.com/L-extase-du-corps 
Je le posterai sur ce blog dans quelque temps... Mais pour l’instant il faut aller sur Intimefeminin...

un point de votre livre - sur ce sujet - m'est confus : cette rétention, est-elle une lutte difficile qui nécessite de tout contracter en hurlant ;) ou bien un relachement extrême, bref, l'exact opposé ?
En fait, comme je l'explique dans mon livre (en tout cas, il me semble l'avoir fait), il y a deux techniques différentes:
1) Quand on est au bord du débordement, ou qu'on "surf" sur la vague de l'extase et qu'on sent qu'on est un peu loin, alors il faut tout contracter en inspirant lentement (Keesling + l’inspiration)... Je ne préconise pas d'hurler, ce n'est pas nécessaire, et en plus cela peut indisposer la partenaire et les voisins .
2) technique du relâchement extrême dans l'excitation: permet de développer les bouffées extatiques et les orgasmes que certains appellent "énergétiques" et qui ont lieu dans le crâne et dans tout le corps... C’est vraiment là la technique la plus tantrique, car elle nous met sur la voie du spirituel (union avec le Cosmos notamment).

Et finalement, lors d'un orgasme sans éjaculation, la sensation de pompe est-elle toujours présente ?
Non, il n'y a plus de pompe!! C'est d'ailleurs un signe: s'il y a pompe et après une sensation douloureuse sur le gland si on continue à le frotter, c'est qu'on est allé trop loin. Sinon, s'il y a orgasme sans éjaculation, il n'y a pas la sensation de pompe, et pas de douleur après.. Par contre, il y a un sentiment de contentement (on peut s'arrêter ou continuer) et une légère détumescence.. Cela dépend après, avec un peu d'habitude, du moment où l'on s'est arrêté.. Un peu avant, il y a encore un désir fou, et un tout petit peu après, on est rassasié (tout en pouvant continuer tout de même, mais ce n'est pas l'enjeu non plus...)

Ce parcours vers l'extase, est-il le fruit d'une progression graduelle ou soumis à une brusque compréhension ?
Pour moi, cela a été (et est encore, car cela ne finit pas de progresser) graduel... avec des "peak experience", des expériences très fortes et ponctuelles... Après on revient là où en était.. Mais peu à peu, on revient de manière plus continue à l'état que l'on a connu avec ces expériences..
C'est ce que je vois aussi avec mes amis tantrika, c'est graduel.. Et en même temps, cela va assez vite.. En un an de stages de tantra (cela fait environ trois semaines de stages en tout), il y a déjà vraiment une grosse différence, surtout si l'on pratique entre les stages...
Donc, n’hésitez pas à me poser des questions sur tout ce qui concerne la sexualité et la spiritualité, en particulier dans le domaine tantrique, j’adore répondre aux questions... Mon adresse: jacques.ferber@free.fr

jeudi 1 novembre 2007

Interview de Psychologie Magazine

Psychologie magazine m'avait posé quelques questions à l'occasion de la sortie de leur numéro de Juillet 2007.
Voilà les questions qui m'ont été posées et les réponses in-extenso. C'est à partir de ces réponses que le journaliste a écrit une quinzaine de lignes dans le magazine.. Donc ici, il est complet!

1 Qu’est ce que la présence
Ce qu’on appelle présence, c’est cette attitude intérieure qui fait que l’on est totalement à ce que l’on fait, que l’on est totalement investi dans son action, sans qu’il y ait de réflexions ou de jugements qui viennent interférer ou se mettre entre soi et son acte. Cela nous met dans l’instant présent, car le mental, au travers des réflexions et des jugements nous place toujours dans le passé ou l’avenir. Vouloir quelque chose de précis c’est se mettre dans une attente d’un moment futur à venir. Etre présent à soi et à l’autre, c’est au contraire ne rien « vouloir », en se laissant guider par son ressenti profond, par ce qui vient naturellement du fond de l’être..

Pour un homme, être dans la présence passe par deux composantes fondamentales : se sentir bien dans sa virilité, dans sa masculinité d’une part, et être en relation avec l’autre. En couple, cela signifie être à la fois très centré dans son bassin, être « dans ses couilles » comme on dit, et en même temps savoir accueillir ce qui vient, savoir ressentir l’état de son partenaire dans ses mains et son corps. Il n’y a rien qui coupe plus une femme de l’amour que de sentir que l’homme n’est pas là, pas présent à elle. Même si beaucoup de femmes en ont pris leur parti, ce manque de présence de l’homme, malheureusement si courant à cause des peurs et des projections qui l’habitent, est ce qui les fane, les terni, leur enlève leur accès à l’amour et à la Vie dans son caractère lumineux.

2 La présence dans l’amour
Le gros écueil quand on fait l’amour, c’est de partir sur des rails alimentés par le mental. On se retrouve à penser « je vais faire ça parce qu’elle va aimer, si je lui caresse cette zone, alors elle va jouir ». On se comporte alors en tant que « grand machiniste », on essaye de contrôler la « machine femme » en appuyant sur les bons boutons, en essayant que nos caresses produisent un certain effet.
D’autre part, on peut être aussi perturbé par des pensées liées à nos performances : « est ce que je serais à la hauteur, est ce que je vais partir trop vite, est ce que je vais avoir une belle érection ».
Tout cela nous éloigne de la femme. Cet enfermement dans nos objectifs et nos pensées nous coupe d’elle, et nous coupe de notre ressenti. Nous ne sommes plus présent à elle. La femme le sent : elle ne s’ouvre plus, elle ne rayonne plus, comme une fleur qui se referme sur elle-même. On essaye encore plus d’appuyer sur les bons boutons, mais la magie n’opère plus. On entre dans un cercle vicieux qui nous coupe de la Vie, et du réel Désir.

3 Comment développer cette présence
D’abord bien comprendre qu’un bon amant n’est pas un homme performant, mais un homme présent à soi et à l’autre, ancré dans le sol, bien dans son sexe et à l’écoute de sa compagne. Pour développer cette présence, le plus facile (en tout cas, ce qui a été décisif pour moi), c’est d’être présent dans la caresse. Etre présent dans une caresse, c’est être tout entier dans ses doigts, comme si les doigts étaient animés d’une vie propre. Notre esprit se place dans les doigts, dans le ressenti des doigts, comme si nous n’étions plus que nos mains. Puis en se connectant à son cœur ou à son sexe (il s’agit de deux énergies différentes), on laisse les mains vivre leur vie propre, aller où elles se sentent bien. Elles trouvent alors naturellement le chemin de la relation.

Il en est de même quand on danse un slow ou une danse de proximité (valse, tango, etc.) avec une femme. Il suffit parfois de poser ses mains sur les hanches de la femmes ou sur ses reins, tout en étant bien ancré dans sa puissance, pour trouver immédiatement la connexion. Et cette connexion est elle-même la preuve de cette présence de l’homme.

4 Présence et femme
Pour la femme, le problème de la présence se pose différemment, car il s'agit ici d'abandon. Si elle est bien avec sa sexualité, si elle n’est pas coupée de son corps, si elle n'a pas peur (et donc s'il n'y a pas de traumatisme liés à un abus quelconque), elle peut entrer naturellement dans cette présence à elle-même qui est un mouvement d’abandon et de rayonnement. Plus la femme s’ouvre et s’abandonne aux caresses de son partenaire, plus elle rayonne, et plus elle touche l’homme qui voit la beauté de cette femme, qui appréhende la déesse dans sa partenaire. Son cœur s’ouvre alors au divin et tous les deux entrent dans la danse de l’amour, union des corps et des âmes, incandescence des désirs, célébration de la Vie.
Néanmoins, on voit que le problème réside avant tout pour la femme à pouvoir s'abandonner en confiance. Mais s'abandonner n'est pas se laisser faire: c'est un mouvement d'accueil en conscience qui n'a rien de passif..

Questions posées par Sexologie Magazine #2

3 En quoi la pratique du Tantra a-t-elle modifié votre perception de la sexualité?

Vaste question!! Initialement, je vivais la sexualité à la fois comme une satisfaction d'un désir, comme la recherche d'un plaisir immédiat.. Je cherchais aussi la pénétration et l'éjaculation…J'ai toujours beaucoup aimé le sexe. Quand j'avais 16 ans, et que je n'avais pas encore eu de réel rapport sexuel, je pensais que c'était la chose la plus importante au monde.. Mais en même temps, dans le rapport sexuel, il y avait quelque chose d'insatisfait au plus profond de moi, une quête profonde de l'être que je n'associais pas a priori au sexe.. Le tantra m'a permis d'aborder la sexualité autrement, en intégrant l'aspect spirituel à la sexualité. Sur le plan physique cela m'a permis d'intégrer ma sexualité yang (pénétrer et prendre, dans la puissance et l'ardeur) à une sexualité plus yin (caresses, effleurements, rencontre par le souffle et regard, dans la douceur et la présence), sexualité dont j'avais une certaine intuition, mais que je n'osais utiliser, car je pensais qu'un homme ce n'était pas ça.. (rires).

La différence, c'est que maintenant, dans mon couple, faire l'amour c'est une célébration, c'est un rituel, une union, joyeuse, puissante et sensuelle...
C'est un mode d'être en présence par le corps, le cœur et l'esprit l'un avec l'autre.. d'être à la fois totalement ailleurs (au 7ème ciel évidemment, (rires)), et totalement ici et maintenant..

L'autre différence, c'est que maintenant j'ai souvent l'impression de faire l'amour même sans rapport sexuel: en marchant dans la nature, en allant au supermarché, en mangeant un fruit (la sensualité de la pêche, wow!!), en contemplant les nuages, en méditant assis, en vivant tout simplement… La femme est là partout: dans les arbres, l'eau qui coule, le vent qui fait frémir la peau.. Dans ces moments là, je ressens de la gratitude envers la Vie pour tous ses bienfaits et de m'avoir fait goûter à la vie, d'avoir connu la vie.. Je la remercie d'être tout simplement..

4 Quel conseil donneriez-vous à un jeune pour bien débuter dans sa vie sexuelle?
Je donnerai un conseil différent pour un homme et une femme.. Pour la femme, je lui dirai essentiellement: prend confiance en toi! Saches que tu as les pouvoirs de la Déesse, de créer le monde et d'en épouser la forme. N'aie pas peur, sors de ta coquille.. La deuxième chose, je lui dirai à la fois de savoir se rendre belle, et en même temps de totalement dépasser le cadre de l'apparence. Car la beauté d'une femme est d'abord un rayonnement et ce rayonnement s'exprime essentiellement lorsque la femme est heureuse et épanouie.. Et cet épanouissement est généralement présent lorsqu'elle se laisse guider par son ressenti, qu'elle ose agir conformément à son intuition. Une femme coupée de son intuition, de son intériorité est comme une fleur fanée. Cela ne signifie pas qu'elle doit écarter la raison, surtout pas, mais qu'elle doit faire confiance à ce qui la guide intérieurement et naturellement. Les femmes qui ont été aimées tendrement par leur père dans leur enfance et qui a eu confiance en elles sont des femmes bien préparées à affronter le monde, et à vivre en épousant sa nature féminine. Je lui dis: "aie confiance en toi, et sache t'ouvrir à la vie. Sache guider un homme s'il est un peu trop empressé sans te fermer, mais sache aussi le guider vers ce que tu aimes. Arrange l'espace pour que la rencontre sexuelle soit une rencontre de fête, une rencontre magique comme seule tu sais le faire… Car c'est toi qui a cela à l'intérieur de toi.. ose guider en rendant ton homme encore plus puissant."

Pour l'homme, il faut surtout qu'il arrête de croire qu'un vrai mec c'est une bête de sexe comme Rocco, un tarzan comme Arnold Schwarzeneger, ou un combattant comme Jet Li (spécialiste de Kung Fu). Ça ce sont des projections de super-mâles, des fantasmes de mecs, mais qui ne correspondent à rien de concret surtout pas aux femmes. Un homme c'est avant un être courageux, puissant, mais dont le cœur ouvert sait à la fois guider et se laisser guider.. Je lui dis "Trouve ton socle, trouve ta puissance, ose être ce que tu es.. Affronte mille dangers, crée, sois fou et joyeux, affronte les autres mecs en compétition réglée, sauve la planète... Sois un chevalier qui va pourfendre le dragon pour sa belle..

Mais en même temps, sache honorer cette femme qui te donne son cœur, cette divine beauté qui se donne à toi toute entière, qui ouvre les portes de son temple secret et sacré. Ne profane pas la demeure des Dieux, sois attentif tout en étant bien centré dans ta puissance. Ne cherche pas à la prendre, car tu aurais envie de la jeter, et tu te retrouverais coupé de la vie. Car c'est elle qui possède les clefs de la Vie, les clefs de la magie du monde, c'est elle qui, en ouvrant ton coeur, peut te donner accès à ta créativité et à ton être profond, qui t'ouvre à une puissance bien plus grande encore… Elle est la vie, l'incarnation de la Déesse, ne l'oublie pas.."

Questions posées par Sexologie Magazine #1

Sexologie Magazine m'a interviewé en Avril 2007 sur mon livre l'Amant Tantrique.. On peut trouver l'interview à cette adresse.

En attendant, je place ici les questions qui m'ont été posées, ainsi que les réponses que j'ai donné..

1 Qu'est-ce qui manque le plus aux hommes sur le plan de la sexualité?
Globalement savoir unifier les pôles masculins et féminins. Mais le processus diffère en fonction de chaque homme. Dans mon livre je distingue les hommes yin des hommes yang. Les hommes yin sont plus dans la relation et les yang dans l'affirmation. La polarité fondamentale de pratiquement tout homme hétérosexuel, c'est la polarité yang. Si on ne peut pas la contacter, par inhibition souvent, par confusion entre violence et puissance surtout, on passe sa vie à essayer de survivre en justifiant et en contournant le fait de ne pas rencontrer sa puissance. Malheureusement, une fois qu'on a trouvé sa puissance yang, ou si l'on est naturellement un homme yang, on tend à en rester là, à oublier de s'ouvrir à l'autre, et tout particulièrement au féminin, à la femme.

2 Pensez-vous que l'organe sexuel le plus important pour les hommes comme pour les femmes est le cerveau?
C'est typiquement le genre de phrase qu'on voit écrit un peu partout et qui me fait hurler, car c'est issu d'une confusion totale entre les organes (que l'on possède et que l'on peut éventuellement changer) et le cerveau qui nous constitue.. Or, on est notre cerveau!! On ne peut pas dire qu'on possède un cerveau.. Le cerveau est l'organe le plus important pour toute les activités: tennis, pétanque, manger, et donc évidemment pour la sexualité.. Cela ne signifie rien: quand on a mal au pied, un influx nerveux part du pied et active une zone du cortex spécialisée dans la perception des pieds. Donc le cerveau est le lieu aussi de la douleur des pieds! En fait, il est tout pour nous car c'est la part matérielle de notre psyché, le "hardware" de notre psychisme.. Mais ce qu'on ressent c'est un vécu. C'est de l'ordre de la phénoménologie, pas du câblage neural.

Paul Ricoeur, très grand philosophe français, dans son dialogue avec Jean-Pierre Changeux, l'auteur de l'homme neuronal, nous met en garde d'utiliser une terminologie neurologique pour parler de ressenti et inversement. Il s'agit là de deux points de vue pour décrire un phénomène psychique. Cela est vrai aussi pour la sexualité: les sensations tactiles s'expriment sous la forme d'activation dans le cerveau, on les vit comme des sensations tactiles par comme des activations de paquets de neurones..
Justement, quand on passe dans le ressenti profond, on se rend compte que tout ce que nous vivons est situé dans notre corps: nos émotions sont situées dans le coeur ou le plexus solaire, notre puissance dans nos reins et notre bas ventre, notre ancrage dans le bas de notre pubis et dans nos jambes.. Evidemment tout cela correspond à des zones du cerveau, mais le vécu est corporel, comme la douleur.. C'est pourquoi, dans toute la littérature romantique on associe coeur et amour.. Le coeur est l'organe de l'amour du point de vue du ressenti, du point de vue phénoménologique (si l'on veut utiliser un terme savant).

Donc la question initiale n'a pas beaucoup de sens, même si elle est finalement assez intéressante dans ce qu'elle permet de dégager... Une question pourrait être: quel est l'organe le plus important dans la sexualité et la réponse tantrique serait: tout le corps, plus la rencontre des âmes et des esprits.. La sexualité tantrique c'est avant tout un alignement des énergies du sexe, du cœur et de l'âme.. Lorsqu'il y a union de ces trois aspects entre les deux partenaires, alors on entre dans un autre espace, hors du temps, ce que la bible appelle le Royaume de Dieu et que l'on décrit sous la forme d'extase cosmique dans le tantra..
Evidemment, un neurobiologiste vous dira que tout cela est le fruit d'une activité neuronale intense dopée par des neur de la dopamine, de la sérotonine et de la cytosine, et vous expliquera les centres du cerveau impliqués dans cette union. Mais cela ne vous dira rien sur ce que vous ressentirez vous!! Il ne pourra pas vous faire toucher du doigt cette impression d'orage interne qui s'exprime lors d'une montée extatique.. ça, il faut le vivre.. La bonne nouvelle c'est que tout le monde peut le vivre. Je peux le constater autour de moi..