lundi 21 janvier 2008

Faut-il éjaculer ou pas?

Je découvre en ce moment, alors que mon livre L’amant tantrique commence à vivre pleinement sa vie, qu’il y a un certain nombre de malentendus qui peuvent ciculer concernant ce que j’aurais dit ou pas dit dans ce livre. Je vais essayer de dissiper ces malentendus, et en premier lieu un qui porte sur la question de savoir «s’il faut ou non éjaculer dans un rapport sexuel ?»

J’ai entendu (ou on m’a rapporté) certains, en croyant me citer, dire «Ferber, dans son livre, dit qu’il ne faut pas éjaculer dans un rapport sexuel»… Bon, là il y a maldonne… Je ne pense pas avoir dit ça.. J’ai simplement essayé de montrer qu’on pouvait se libérer de la contrainte de l’éjaculation et qu’il était possible d’avoir des orgasmes multiples, et ainsi de vivre pleinement sa sexualité, d'être au diapason de sa partenaire, et d'être bien avec soi, dans une énergie sexuelle qu'il est alors possible de faire monter dans le long du corps et de le transformer en extase, en ressentant une union avec la nature, la Vie ou le divin, en élargissant notre être pour qu'il accède à la plénitude.. Mais tout cela ce sont des possibilités, des espaces qui s'ouvrent, pas des injonctions ni des obligation qui enferment et font rétrécir l'être !!

Le pire serait de prendre la possibilité qui nous est donnée d’avoir des orgasmes multiples comme une autre règle, comme un autre principe, avec tout son carcan de contraintes et de culpabilité quand on n’arrive pas à suivre cette norme. Que certains puissent maintenant culpabiliser s’ils éjaculent… Cela serait vraiment un comble !

Le fait de pouvoir ne pas éjaculer permet de se libérer de la peur de venir trop tôt (voir l’article sur l’impuissance et l’éjaculation précoce) et nous fait entrer dans un espace extatique où le problème de l’orgasme ne se pose plus vraiment. Il n’y a plus que cette énergie, que Reich appelait «orgastique» pour la différencier d’orgasmique, qui circule. Et ce que j’ai essayé de montrer dans mon livre, c’est qu’il existait un espace de liberté lorsqu’on s’abandonne simplement à la Vie, à l’énergie vitale qui nous traverse, et que cet abandon, lorsqu’en même temps nous sommes en relation authentique avec notre partenaire, nous fait accéder naturellement à un sentiment d’union et de plénitude extatique. Laquelle est une des portes de la spiritualité.

Dans ce cadre, ne pas éjaculer c’est super, éjaculer c’est parfait : fondamentalement, il n’y a pas de règles, juste des adaptations à ce que nous sommes, chacun individuellement, et au moment présent. Quand on est jeune, qu’on a beaucoup d’énergie vitale, et qu’on n’arrive pas à transmuter toute ce désir, le fait d’éjaculer permet de libérer ce trop plein d’énergie. Inversement, si l’on est plus âgé (je ne donne pas d’âge, cela dépend tellement de chacun), si l’on a moins d’énergie vitale, il est préférable de moins éjaculer pour conserver cette énergie et ne pas trop la dépenser. Mais ici encore, cela doit être adapté à soi, en se mettant à l'écoute de son être, sans transformer tout cela en une prescription de type « on doit », « il faut ». Dans ce domaine, il n’y a aucun principe qu’il s’agirait de suivre à la lettre…

J’ai eu beaucoup de retour concernant l’orgasme sans éjaculation, et j’ai pu constater que finalement, les hommes y arrivent relativement assez facilement, s’ils s’entraînent bien ☺.. Donc, il est normal que pendant un certain temps, quand on a découvert ce nouveau jouet qu’est l’orgasme multiple, on se mette à rejeter pendant un temps l’éjaculation. Mais surtout, surtout, ne pas mettre la non-éjaculation comme une règle !

vendredi 18 janvier 2008

Pannes d'érection et éjaculation précoce (1ère partie)

Aucun traité sur la sexualité masculine ne peut éviter les deux fléaux que pratiquement tous les hommes vivent à un degré ou à un autre : les pannes d’érection, que l’on appelle souvent «impuissance» et l’éjaculation précoce. Etre traité d’impuissant ou d’éjaculateur précoce est certainement l’une des injures les pires qu’un homme puisse recevoir, bien pire qu’être traité de «con» ou de toute autre appellation du même genre. Cela signifie que ce qui traite à notre puissance sexuelle nous touche beaucoup plus que ce qui est lié à nos caractéristiques cognitives… Il y a certainement là nature à réflexion : celui qui se prétend être un animal doué de raison est finalement plus touché par la remise en question de ses capacités animales que parce qu’il estime le différencier de l’animal !

J’ai tendance à dire qu’il y a trois types d’hommes «sains» : 1) les inconscients ou simples d’esprit (le royaume des cieux est à eux), 2) ceux qui souffrent de pannes d’érection et 3) ceux qui souffrent d’éjaculation précoce... ;-) Cela ne laisse pas beaucoup de choix.. Effectivement, il y a aussi ceux qui ont un intérêt sexuel focalisé, et qui ne peuvent avoir du plaisir que d’une manière très particulière : fétichisme, sadisme, masochisme, zoophilie, pedophilie, etc.. mais là c’est plus de l’ordre de la thérapie… Je ne m'attarderai pas sur la question... (attention, le côté pathologique ne concerne pas les jeux fétichistes et sado-masos "ordinaires" qui ne font que renforcer les liens dans un couple et mettre un peu de piment dans la vie. Il n'y a pathologie que lorsque le plaisir est lié à une pratique qui ne permet pas rencontrer l'autre.. Pas quand on joue avec l'autre!!)
En gros, si on n’est pas un gros bourrin, on vit un jour ou l’autre l’une de ces affections. Cela ne signifie pas pour autant que l’on soit un «impuissant» ou un «éjaculateur précoce», mais simplement que l’on a vécu des moments difficiles sur l’un ou l’autre point (et parfois aussi les deux.. arghh…).

Lorsqu’on étudie un peu la question du point de vue physiologique, on constate que l’érection et la capacité de durer dans un coït sont liés à la capacité au système sympathique d’être inhibé et au système parasympathique d’être activé. Or le système sympathique est celui de la vigilance et du stress. C’est le système qui déclenche tout un ensemble d’hormones, dont la noradrénaline, et qui nous prépare à l’action. Sur le plan sexuel, il a deux activités : il inhibe l’érection, il concentre le sang dans les régions centrales du corps et il stimule l’éjaculation. En gros, lorsque le système sympathique est activé, il empêche de bander, ou bien si l’on a réussi à avoir une érection il nous fait éjaculer. Inversement, le système parasympathique est le système qui calme le corps, diminue la fréquence cardiaque, encourage la diffusion du sang à la périphérie du corps. C’est le système que l’on stimule dans la relaxation et qui donne cette impression de chaleur dans tout le corps. Il stimule aussi le désir sexuel et favorise l’érection tout en diminuant la stimulation de l’éjaculation.

On le voit, la panne d’érection et l’éjaculation précoce sont donc dues à une sur-stimulation du système sympathique par rapport au système parasympathique. Plus le premier est activé, plus on souffre de ces affections viriles. En revanche, plus on est détendu, c’est-à-dire plus le système parasympathique est activé, plus on peut bander et moins on éjacule.. Or le système sympathique, qui nous prépare à l’action est stimulé par les peurs, les anxiétés, les mises à l’épreuves, par tout ce que l’on considère comme étant quelque chose de difficile à faire. Inversement le système parasympathique est activé par la détente, les pensées agréables, les massages, etc..

Cela signifie une chose et une seule : les problèmes de virilité sont dues pratiquement uniquement à des problèmes d’anxiété et de stress. Ce qui est paradoxal, c’est que cette anxiété et ce stress sont justement liés au rapport sexuel, au fait qu’il est anticiper comme une épreuve… Même si l’on est dans une situation de désir, même si l’on est avec une femme qu’a priori on désir (par exemple on s’est imaginé avec elle et cela nous a fait bander comme un cerf), on peut se trouver dans une situation paradoxale ou notre tête a de l’envie, mais pas notre corps.. Dans ces cas là, c’est assez caractéristique, on ne sent plus réellement de désir : on vit la sexualité comme quelque chose que l’on doit faire… Cela peut arriver notamment la première fois avec une nouvelle partenaire. Cette femme on la désire, mais au moment fatidigue, psshuiiit, il n’y a rien qui se passe.. On ne sent plus ce frémissement qui excite et anime notre être : la peau de cette femme devient presque du carton, les caresses n’éveillent aucun désir. Pendant ce temps le mental trotte allégrement dans la tête en se disant « il faut que je bande, il faut que je bande ».. On cherche à stimuler cette érection par la pensée, parfois en pensant à une autre femme en espérant que cela déclenche un peu de désir.. Mais cela n’a qu’un effet, celui de nous éloigner encore un peu plus de cette femme, et donc de diminuer notre désir et notre érection. On cherche tous les trucs possibles qui nous permettrait de revenir à nous, de diminuer cette anxiété qui se trouve de plus en plus accrue par le fait que l’on ne bande pas tout en se disant « il faut assurer ! ». On entre dans un cercle vicieux : plus on a peur de ne pas bander, plus le système sympathique se déclenche et moins on bande, et donc plus on a peur, etc.. C’est la merde !!

Là je parle surtout de ceux qui souffrent de pannes d’érection. Pour l’éjaculation précoce, cela se passe un peu après. On a toujours peur de ne pas assurer, donc on se presse, on va à toute vitesse, on brûle les étapes. On essaye de pénétrer notre partenaire rapidement pour profiter de notre belle érection, mais là notre stress active le stimulus de l’éjaculation et psshuiiit, ça part tout seul.. Ici encore la peur est à la base de cette éjaculation rapide.. Evidemment, cette éjaculation trop rapide va nous rendre encore mal : on va se sentir minable, pas à la hauteur, on a peur du jugement de notre partenaire, et notre estime de soi en prend un coup.. Ce qui ne facilitera pas le prochain rapport, puisqu’il sera encore plus vécu comme un enjeu.

Inversement, il existe un cercle vertueux qui est celui de la détente, de la confiance en soi et qui passe avant tout par la relaxation, le fait d’être à l’aise et surtout le fait DE NE PAS SE METTRE D’ENJEU !! Bon, je sais que c’est plus facile à dire qu’à faire.. Mais essayons d’expliquer un peu ce qui se passe..

D’abord, je ne sais pas si vous avez remarqué dans le récit que j’en ai fait, mais aussi bien dans l’éjaculation précoce que dans la panne d’érection, la femme n’existe pas. Elle est juste le support de nos phantasmes d’assurer (« il faut que j’assure pour plaire à cette femme et lui prouver que je suis un vrai mec »), mais quelque part elle n’est pas là pour nous… On est totalement dans notre mental à penser à tous nos problèmes mais pas en relation avec cette femme, avec son regard, son souffle, ses désirs, son corps qui réagit à nos caresses.. Ce n’est plus réellement un partage ou une rencontre faite de découverte et de sensualité, mais juste un film intérieur que l’on vit tout seul…

Or c’est cette coupure qui est la cause de nos maux, le fait qu’on parte en roue libre dans nos pensées négatives et qu’on ne sente plus de désir, ou une surstimulation. En gros on s’occupe trop de notre sexe et pas assez d’elle, on n’entre pas assez en relation avec elle. Plus jeune (vers les 20 ans), quand j’avais des pannes d’érection (note : et oui, je suis plutôt de la catégorie « panne d’érection » que de la catégorie « éjaculation précoce »,..) j’étais surpris de la gentillesse de mes partenaires qui ne m’ont jamais fait sentir que j’étais un minable, ou un moins que rien, ou pas un mec, évidemment mes peurs… Comme j’avais déjà mon côté scientifique, je cherchais les trucs qui marchait : j’avais constaté que la pression et l’anxiété, et donc la difficulté à bander, était plus forte si je faisais l’amour en pleine lumière et sur le lit. En revanche avec une petite lumière et dans les draps, c’était plus facile…

Je me souviens d’une fois où j’étais avec une super-nana (wow, rien que d’y repenser) et on s’est retrouvé dans ma chambre alors qu’on venait juste de se rencontrer quelques heures auparavant.. J’avais 21 ans et j’étais tout feu tout flamme, mais en même temps j’étais super anxieux, et je me disais « il faut que j’assure devant cette super fille ».. Et bien entendu, panne de matériel.. Et là, j’ai eu l’intuition géniale, je ne sais pas ce qui m’a pris.. Je lui ai simplement dit que j’avais des problèmes parfois.. On s’est mis dans les draps (et pas sur le lit comme au début) et on a parlé de nous.. Et tout d’un coup j’ai senti sa présence, sa peau, je n’étais plus centré sur moi et sur mes désirs de paraître le super-mec. Je l’ai regardée différemment, et elle aussi son regard a changé.. Je dirais maintenant que le « circuit du désir » s’est mis en place.. Je la désirais intensément.. D’un seul coup j’ai senti mon sexe gonfler et en quelques secondes il est devenu très dur… J’étais maintenant plein de désir envers elle, mes peurs avaient disparues. Très lentement, nous nous sommes embrassés, puis caressés, et … nous avons passé une nuit merveilleuse (désolé il n’y aura pas de détails croustillants ☺ ).

A l’époque je n’avais pas bien compris ce qui s’était passé, mais aujourd’hui je dirais que j’étais passé de la spirale infernale de l’anxiété, de la volonté d’« être à la hauteur », de la panne d’érection et du manque d’estime de moi, c’est-à-dire d’un mode de pensée totalement centré sur moi, à la spirale du désir, qui passe par la relation avec ma partenaire, du contact par le regard, des caresses sans intentions, d’une attention à son corps et à ses mouvements, c’est-à-dire de la rencontre profonde et vraie avec elle, ce qui donna lieu à une érection, à un plus grande confiance en moi, et donc à encore plus de contact avec elle.

Bon, je me mets à votre place.. Vous vous dites : «C’est bien beau ton histoire, mais moi concrètement je fais comment pour assurer la prochaine fois ?» C’est vrai que dans tous les articles et livres sur les problèmes de virilité, il est dit qu’il faut se détendre.. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire.. Alors dans un prochain article sur ce blog, je vous parlerai des « techniques » pour aider à entrer dans la spirale du désir et de la Vie (et ensuite ignorer l’aspect technique) et surtout pour sortir de la spirale infernale de l’anxiété et du repli sur soi.

La 2ème partie se trouve dans ce billet. Vous pouvez aussi explorer tous les billets avec le libellé (tag) "sexualité"..

Aaron

jeudi 17 janvier 2008

Le bonheur d'être une femme et l'amant tantrique

J'ai le bonheur d'être un homme... Mais il existe un merveilleux blog qui s'intitule "le bonheur d'être une femme".. Gros bourrins machos et mecs qui cherchent une maman, passez votre chemin... Tout y est délicatement dit: la quête est ici autant spirituelle que sexuelle, elle réside autant dans la passion du coeur que la rencontre de l'âme...

Et dans ce blog il y a un article qui m'a profondément ému.. Il parle de l'importance que mon livre ("l'amant tantrique") a eu dans le développement de Janebella, l'auteure du blog.. J'ai été extrêmement touché par ce texte et cette histoire qui est si bien racontée par une femme d'une grande qualité.. Elle y parle notamment d'une rencontre avec un tantrika qui lui a ouvert le coeur et qui l'a profondément bouleversée... La rencontre tantrique n'est pas anodine, effectivement!