jeudi 3 février 2011

Fermeture du blog Sexualité et Spiritualité: aller sur Développement Intégral

Le blog Sexualité et Spiritualité est maintenant fermé... mais tout son contenu se trouve maintenant sur Développement Intégral, un site qui fait la synthèse entre ce blog et Visions Intégrales l'autre blog dans lequel je publiais des articles..

Il y avait de plus en plus de recouvrement entre ces deux blogs et il était temps de passer à un site plus puissant, permettant de publier des articles à plusieurs et de constituer ainsi une plaque tournante sur l'approche intégrale, intégrant les aspects individuels et collectifs, et prenant en compte les aspects relationnels, sexuels et spirituels.


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Jacques

vendredi 1 octobre 2010

Toi qui a de l'expérience, que puis je faire?

V., dans un commentaire sur Facebook, me demande quelque chose comme: "toi qui a de l'expérience que puis je faire?" (la question était plus précise, mais je résume) et je traduis au delà de la question première, c'est : "que puis je faire pour être plus moi-même, pour faire ce que je ressens comme très important pour moi mais que je n'arrive pas à mettre en mots". Qui ne s'est jamais posé cette question? On va voir des voyantes ou des psy pour répondre à cette question. C'est vraiment une question essentielle. Mais comment y répondre?

Nous pouvons nous sentir perdu devant cette aspiration que l'on ressent au fond de nous mêmes, sans savoir comment faire, comment agir.. Eventuellement on peut poser des questions à "ceux qui semblent avoir plus d'expérience", une personne à qui l'on donne une sorte de statut d'enseignant spirituel, de directeur de conscience comme on dit chez les protestants. Et bien entendu on attend une réponse. On se dit: "il ou elle sait.. Elle va me dire ce que je dois faire".. On attend presque une méthode pratique 1: faire ceci, 2: faire cela, etc.. qui nous permettra de nous réaliser pleinement. Il y a d'ailleurs pas mal de méthode qui nous aident à nous réaliser. Depuis les méthodes qui nous disent comment avoir plus de succès dans la vie à celles qui nous aident à entrer en relation avec les autres. Mais quand on va encore plus loin dans ce questionnement, on peut se rendre compte que cette question ne se satisfait pas réellement d'une méthode. Il n'y a pas de méthodologie d'accès au divin, ni de méthode pour devenir celui qu'on ressent pouvoir être. Et cela pour une bonne raison: on est déjà celui qu'on voudrait être!! Cela peut paraître bizarre, et il y a quelques années quand quelqu'un me disait ça, j'avais envie de lui taper dessus: "si j'étais déjà cette personne, j'irais bien, et je n'aurais pas ces questions.. Faut pas exagérer tout de même.."

En fait, on est déjà celui qu'on voudrait être, car on l'a toujours été.. Notre âme est bien présente depuis notre naissance. "Je Suis" a toujours été là, et sera là toujours et rien ne pourra changer cela. Mais simplement nous somme déconnectés de notre âme qui est en prison dans les 3 mètres carrés de notre Moi, esclave de ce mental qui croit nous aider en nous détournant de notre être... Nos blessures individuelles et collectives, nos peurs, elles aussi individuelles et collectives, nous empêchent d'entendre et de ressentir cette sagesse profonde qui est en chacun de nous. Notre Maître spirituel est là, au centre de nous mêmes: qu'on l'appelle "nature de bouddha", Christ intérieur, Atman, etc. c'est simplement ce que nous sommes au plus profond de nous, mais recouvert d'une énorme gangue qui nous masque sa présence. Nous restons figé derrière les barreaux de notre Moi, alors que notre être n'a qu'un désir: suivre cette sagesse, aller dans le sens de notre âme en vivant intensément notre vie.. point barre.

De ce fait, personne ne peut répondre à ce que vous devez faire à votre place. Si quelqu'un vous répond directement en vous disant, dans votre vie vous devez faire ça et ça, sauf s'il s'agit d'une pratique, ou de vous conseiller une forme de thérapie, ou de développement personnel, si elle répond à votre place à ce que doit être votre vie (par exemple "quitter votre compagnon", ou au contraire "mariez vous avec", "prenez un job" ou bien "arrêter tout", etc..") ne l'écoutez pas.. Cette personne a peut être senti des choses, mais c'est vous qui devez vivre votre vie. D'ailleurs, vous avez peut être déjà répondu "oui.. mais" à cette proposition, en mettant en avant toutes les bonnes raisons pour ne pas aller dans ce sens.. Quand les conseils viennent de l'extérieur, l'ego peut offrir une résistance incroyable. Osho, comme beaucoup de maîtres spirituels, dit que le maître est juste là pour nous reconnecter à notre propre source intérieure de sagesse. Il n'est pas là pour répondre à "que dois je faire", mais nous mettre devant nous même, nous aider à entendre cette voix (ou cette vision ou cette sensation) qui se situe au delà du raisonnable et du mental. Un vrai maître ne peut réellement donner de réponse, il peut juste nous aider à accoucher de notre réponse (parfois un peu rudement, je l'ai expérimenté), tel Socrate en pratiquant la maïeutique (qui veut justement dire "accouchement").

Donc, V., je n'ai pas la réponse à ta question.. mais en fait tu l'as, mais tu ne sais pas que tu l'as.. De ce fait, je vais te proposer un "moyen habile" qui fonctionne bien avec moi, et qui consiste à faire l'expérience de ce maître ou guide intérieur qui apparaît comme une émanation du divin à l'intérieur de nous. Il faut d'abord être bien détendu, le stress, la peur couvrent cette voix subtile du tout Autre.. Aller voir "Des hommes et des dieux" pour comprendre comment, dans la peur, il est beaucoup plus difficile d'entendre cette voix..

Un moyen pratique pour se détendre c'est de prendre un bon bain chaud, éventuellement moussant dans lequel on se sent vraiment bien.. La chaleur et l'eau sont idéal... Donc, tu prends un bon bain et tu te détends bien dedans.. Quand tu es bien détendue, tu mets ton attention dans ta Grotte Sacrée (pour les hommes, c'est le harah, connecté aux testicules), et tu lui parles.. Tu peux mettre une main sur ton sexe et une sur ton ventre, et sentir le lien qui existe, à l'intérieur, entre ces deux zones. Et tu vas parler à ta Grotte Sacrée (pour un homme tu parles au guide intérieur qui "vit" là), en lui faisant la demande que tu viens de me faire.. Et tu l'écoutes... Elle te parlera peut être par des mots, peut être par des images, des sensations.. Cela pourra être très bref, et tu croiras que tu as rêvé, ou bien beaucoup plus long, comme une sorte de dialogue avec une voix aimante un peu différente de ta voix intérieure habituelle, plus douce et/ou plus grave.. Cette réponse sera une première direction, et je t'invite à la suivre. Elle apportera exactement ce que tu dois faire maintenant... Dans quelques mois, sa réponse sera peut être plus intense, parce que tu pourras gérer une plus grande intensité.. Et si tu la suis, si tu avances dans le chemin qu'elle te propose, si tu entends son appel et sa sagesse, qui est aussi celle du Bouddha et du Christ, c'est à dire la voix du divin en toi, alors l'univers va l'entendre aussi, et de manière très étonnante pour le moi, l'univers réagira pour t'aider sur ce chemin.. C'est aussi simple que ça... Mais ce qui va t'être proposé, n'est pas toujours bien apprécié par le moi, qui voudrait tout contrôler, ne rien risquer et rester attaché à tous ses doudous, à toutes ses habitudes sécurisantes..

Ce guide va remettre en cause tes certitudes, tes habitudes de vie.. Plus on l'écoute, plus on vit dans la Joie, dans la Félicité à chaque instant.. Mais c'est un guide déterminé et sans concession. Il nous demande d'aller affronter nos ombres, soigner nos blessures (dans le pardon, la confiance, et l'étreinte de soi à soi). Cette voix va nous inviter à aller au delà de nos peurs, qui ne sont que des miroirs aux alouettes jetés par Lucifer (notre part d'ombre) pour nous mettre à l'épreuve de nous mêmes. Elle vient à la fois nous prendre dans ses bras et nous pousser à aller au delà des limites que l'on croyais être caractéristique de ce que nous sommes, alors que ces limites ne sont que des fers qui nous enchaînent. De ce fait, et c'est là la "soumission" (surrender) à Dieu, il nous est demandé de faire de plus en plus confiance à ce guide intérieur. Ce qui n'est pas facile.. Mais cette voix sait attendre, et elle est toujours là pour pardonner nos errements et nos reniements.
C'est effectivement difficile, et c'est pour cela que nous sommes aidés, que la Vie a prévu que l'on puisse s'aider les uns les autres. Ceux qu'on appelle des enseignants spirituels – qui ne sont finalement que des grands frères et grandes soeurs qui ont déjà avancé sur le chemin – sont là: pour nous aider à entendre cette voix, pour nous proposer des moyens habiles nous permettant d'enlever ce fatras de conditionnements et nous révéler à ce que nous sommes : un coeur d'Amour, d'Extase et de Reliance aux autres et à la Vie en général.

Merci V.

Jacques

mardi 28 septembre 2010

Au delà du vide, Je Suis

Le problème essentiel auquel nous avons à faire face, tous autant que nous sommes, c'est le vide de l'existence. Nous passons beaucoup de temps à remplir notre vie. On peut la remplir par le boulot, par une relation de couple, par les enfants, par l'amitié, par le fait de vivre des "hobbies", par le voyage, etc.. En gros on passe notre temps à remplir le temps pour nous éviter, pour éviter notre centre. Pascal parlait de "divertissement":
"Quand je m’y suis mis quelquefois, à considérer les diverses agitations des hommes et les périls et les peines où ils s’exposent, [..]  j’ai découvert que tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre. [..] on ne recherche les conversations et les divertissements des jeux que parce qu’on ne peut demeurer chez soi avec plaisir.
   Mais quand j’ai pensé de plus près, et qu’après avoir trouvé la cause de tous nos malheurs, j’ai voulu en découvrir la raison, j’ai trouvé qu’il y en a une bien effective, qui consiste dans le malheur naturel de notre condition faible et mortelle, et si misérable, que rien ne peut nous consoler, lorsque nous y pensons de près.
   Quelque condition qu’on se figure, si l’on assemble tous les biens qui peuvent nous appartenir, la royauté est le plus beau poste du monde, et cependant qu’on s’en imagine, accompagné de toutes les satisfactions qui peuvent le toucher. S’il est sans divertissement, et qu’on le laisse considérer et faire réflexion sur ce qu’il est, cette félicité languissante ne le soutiendra point, il tombera par nécessité dans les vues qui le menacent, des révoltes qui peuvent arriver, et enfin de la mort et des maladies qui sont inévitables ; de sorte que, s’il est sans ce qu’on appelle divertissement, le voilà malheureux et plus malheureux que le moindre de ses sujets, qui joue et se divertit." Blaise Pascal Pensées

Le divertissement c'est justement cette capacité que nous avons de nous activer pour éviter de nous rencontrer nous mêmes, dans le vide, l'ennui, la solitude, voire le désespoir. Même des activités aussi calme que la lecture, regarder un film, écrire à un ami, faire la cuisine, etc.. peuvent être des divertissements. En gros, notre vie est faite de divertissement qui nous éloignent de nous mêmes. Nous sommes prêts à souffrir pendant des années dans une relation difficile, à accomplir des actes difficiles et à risquer notre vie pour nous éviter de sentir ce vide intérieur, profond, béant. L'amoureux(se) va le vivre comme un désir de retrouver et vivre avec celui ou celle qu'il aime, l'actif comme une pulsion ardente pour faire quelque chose, et l'inhibé va simplement se mettre devant son jeu video pour éviter de se confronter avec lui-même. C'est notre lot d'humanité: c'est notre statut ontologique.. Cette peur du vide n'est pas le résultat d'une blessure de l'enfance ou d'un traumatisme, mais simplement le fait d'exister en tant qu'être humain. C'est indépassable.

Cette capacité à nous détourner de nous mêmes peut être utile dans la vie quotidienne: si le joueur de football savait que l'application qu'il met à faire des tirs précis ou que le musicien à faire des gammes, n'avait d'autre fonction que de le détourner de l'ennui et du désespoir, si la présentatrice à la télévision prenait conscience qu'elle tente d'exister au travers du regard des autres, pour éviter de se confronter au sien propre, il est bien possible qu'aucuns ne continueraient leurs activités avec autant de sérieux. Car finalement, il ne s'agit que de jeux que nous jouons pour nous détourner de notre être. Mais en les faisant avec sérieux, en croyant à leur importance, en croyant à leur potentialité de nous faire accéder à quelque chose (être une star, rencontrer l'âme soeur, être riche, trouver le bonheur), nous évitons le vide qui nourrit le désespoir. En effet, prendre conscience de la vanité de nos activités, et du vide existentiel qui se trouve au centre de notre être, conduit parfois au nihilisme, à cet état dans lequel on voit tous les jeux de l'existence, où tout à l'air d'être noir, où l'on se prend à maudire la Vie et Dieu. Nietzsche, Kierkegaard et Schopenhauer ont eu cette conscience, et l'on se dit que leur vie est peu enviable (lire entre autre ....) et qu'il est peut être préférable de vivre dans l'inconscience, mais relativement mieux que ces hommes, car "heureux les pauvres en esprit...". Mais ces moments de clairvoyance et parfois d'angoisse devant le vide et le manque de sens de notre vie, nous conduit à l'une des premières prises de conscience de notre humanité. Nous sommes mortels: tout ce que nous faisons, tout ce que nous vivons, ne demeurera pas. Pire que cela. Il n'y a rien à l'intérieur de soi. Rien du tout.. On croit être quelqu'un, mais il ne s'agit que de croyances sur nous mêmes alimentées par un mental très actif. Non, il n'y a rien: c'est vide, creux, désert !! Ce vide est tellement effrayant qu'il est insupportable pour le moi, qui voit sa mort en direct dans ce vide: Je ne suis rien!! Et non on n'est rien. On passe son temps à croire que l'on est le personnage principal du théatre de sa vie, mais nous ne sommes qu'un figurant dans le film de la Vie.. Nous sommes attachés à nos relations et à nos biens, mais tout aura une fin. Comment ne pas tomber dans le désespoir? Comment ne pas déprimer?

Et pourtant, les enseignements les plus profonds de toutes les grandes traditions religieuses profondes (et notamment les traditions orientales) nous disent cela: nous ne sommes rien de ce que nous croyons être.. Le Je suis est juste une conscience, pas une personnalité, avec ses propriétés, ses qualités de coeur et ses ombres. Même le terme "Je Suis" peut prêter à confusion, car il n'y a plus de moi au sens exact du terme... et ce Je Suis est l'endroit de connexion au divin, à notre nature profonde qui est vacuité.. Entendez bien ces deux termes : vide et vacuité. C'est exactement la même chose, mais le premier est souvent perçu comme un désagrément ("je suis vide, je me sens vide"), alors qu'il est la voie vers la vacuité, shunyata, qui est en même temps plénitude, interconnexion permanente de l'impermanence de tout.

De ce fait, le désespoir, peut être le lieu de l'éveil, la dépression la porte du divin. Le dépressif qui souffre ou l'oisif cynique qui s'ennuie, peuvent être beaucoup plus près de l'éveil que le méditant qui chante des mantras à longueur de temps. Dans le premier cas, on fait l'expérience du vide existentiel, même si on le vit de manière désagréable, alors que dans le second on se repait de soi et de sa propre qualité spirituelle qui nourrit en fait l'ego spirituel et nous éloigne finalement du divin.  C'est souvent dans la souffrance qu'on rencontre le divin. Non pas, comme a pu le penser la tradition chrétienne qu'il faille souffrir et se flageller pour rencontrer Dieu (bien au contraire, la rencontre avec le divin est Amour et Félicité), mais parce que, dans la souffrance, une porte s'ouvre vers le centre de notre être que nous pouvons emprunter pour aller rencontrer notre être qui n'est pas du tout "moi", mais juste du vide. Ainsi, souffrir du manque de l'autre est une voie merveilleuse d'accès au divin: ce dont on manque, ce n'est pas de l'autre, qui ne peut jamais combler fondamentalement nos béances et nos blessures, mais de l'Autre, c'est à dire du Divin.. Et comment pouvoir accueillir le Divin si nous ne sommes pas déjà vide de tout notre bordel intérieur?

Ayant eu un tempérament assez dépressif, je sais que ce furent des portes vers cet Autre que j'appelais de mes voeux lorsque j'allais mal. Mais la peur de ce vide était telle que je voulais à tout prix l'éviter, et en l'évitant je créais ma souffrance. Car la souffrance ne vient pas du vide, mais de la peur de ce vide et de tout ce que nous mettons en oeuvre pour l'éviter. La souffrance commence avec cette pensée: "si j'étais ailleurs (ou si j'avais telle ou telle chose, ou si je pouvais me mettre dans un autre état), je serais mieux". Ce n'est pas l'état qui est terrible, mais le fait de vouloir changer l'état présent dans lequel nous sommes. Bien entendu, le moi ne veut pas vivre cela, car le vide le remet en question, le détruit. Le vide est vécu comme une mort par le moi, et qui a envie de mourir. Mais c'est totalement OK pour ce que Jung appelle le "Soi", les hindous l'atman, et que nous vivons à la première personne comme je Je Suis, pure conscience d'existence. En général nous confondons totalement le moi, l'âme et le "je suis". Nous confondons notre petit ego, avec ses petites envies et qui crie en permanence "moi, moi, moi", l'âme qui est le canal actif du divin en nous, et dont on fait l'expérience au travers de l'Amour, de la Créativité et de l'Enthousiasme, et l'atman ou Eyeh, ou "je suis", qui est pure conscience, pratiquement détachée du corps. (je reparlerai un jour de ses distinctions, qui me semblent essentielles).
C'est pour cela qu'il est important de développer une certaine distance par rapport au moi, de se désidentifier de ses pensées, de ses jugements, de ses envies, etc.. de prendre de la distance par rapport à ce fatras de petits désirs, de projections, de croyances, de ressentiments, de peurs, de vouloir avoir, etc.. qui sont le lot du moi et du mental, les deux ne cessant de se conforter l'un l'autre. Cette désidentification est souvent apportée par la méditation, qui nous permet justement, en calmant le mental, de faire taire un peu l'ego et éventuellement, un jour, de contacter le Je Suis, parfois appelé aussi Témoin, au delà du mental (Note pour les pratiquants de PNL, la "position méta", moment important de la prise de conscience de ce que nous sommes, n'est que la première marche vers le Je Suis, mais ce n'est pas le Je Suis, car le Je Suis est au delà du mental, conscience pure et présence qui est toujours là, qu'on le sente ou non).

Mais il existe une autre voie, plus rapide, mais souvent plus difficile à vivre car elle nous demande d'entrer dans notre souffrance, et non de nous éviter. C'est la voie du tantra, qui consiste justement à faire l'expérience de cet instant présent, sans essayer d'être autre chose que cela. Il s'agit simplement de rester présent à soi-même, dans ce vide, en sentant notre corps, en mettant juste un peu d'attention dans les pieds (pour rester en contact avec l'instant présent et le corps) dans la Grotte Sacrée pour les femmes (sexe, uterus, ovaire, toute cette zone que l'on appelle Womb en anglais), et dans les testicules et le hara (le ventre des arts martiaux) pour les hommes. Rester présent sans laisser le mental prendre les commandes, rester juste avec ce que l'on ressent, avec ses émotions, avec ce qui vient.. Automatiquement, notre état va changer, passer dans d'autres émotions, avoir d'autres images.. Il y aura peut être des moments difficiles, des peurs qui resurgiront, des blessures anciennes qui seront ravivées. Mais si l'on ose rester dans cette attitude de présence à soi, de contact direct avec son corps et ses propres ressentis, sans se laisser embarquer par le mental, avec son cortège de remords, de honte, de "j'aurais dû (ou pas dû) faire ça", de jugements "je suis nul(le), etc..", d'accusations "c'est vraiment un salaud", si l'on reste ainsi, dans le calme du mental et la présence à soi, alors quelque chose va se passer, un nouvel état va advenir de lui-même, qui sera la marque de notre contact avec notre nature profonde, au delà de l'ego.. 

Il est très difficile de faire sentir le Je Suis à quelqu'un, car il n'est pas un objet, un support qui aurait des propriétés, mais simplement le sujet à partir duquel nous faisons l'expérience de quelque chose, ce que Husserl appelait l'ego transcendantal. Ce Je Suis est nous depuis que nous avons commencé à avoir conscience, et il sera là jusqu'à la mort. Mais comme il n'est pas l'objet d'une expérience ou d'une sensation, on ne le sent pas.. Donc "contacter" le Je Suis, c'est être ce qui sent dans la sensation, l'expérienceur de l'expérience, la lumière de l'appareil de projection. Et on le sent d'autant plus que l'expérience est subtile et fine, donc que le mental est calme et que l'objet de l'expérience est faible. Et c'est donc bien naturellement dans le vide que cette présence est plus marquée. C'est pour cela que les méditants recherchent le calme, les moines se coupent du monde, et qu'il y a de plus en plus de voyages dans les déserts. Dans le vide, l'Etre du Je sans objet se révèle dans toute sa plénitude. Au delà du vide, Je Suis...

Jacques

mardi 24 août 2010

Evenement : un week-end de tantra - La fluidité du dauphin dans l'articulation yin-yang

Les 3-4-5 septembre prochain, en région parisienne.
Un stage animé par Véronique Guérin et Jacques Ferber.

Toutes les informations sur le site jferber.free.fr/animations

Le tantra que nous proposons vise à intégrer de façon harmonieuse et puissante l’énergie sexuelle, les sentiments, les pensées et la spiritualité, au niveau individuel et collectif. Le tantra est une voie d’accès à la partie divine en soi, par laquelle nous élargissons notre conscience pour transmuter l'énergie de vie (et notamment l'énergie sexuelle) en extase, amour inconditionnel et créativité.
La relation à l’autre permet de voir nos modes de fonctionnement et de s’en dégager pour aller rencontrer qui nous sommes vraiment, au delà de nos croyances, de nos émotions et des limites que nous nous sommes imposées.
Nous nous ouvrirons aussi à la dimension collective du tantra, en réalisant combien notre propre chemin influence notre entourage et de façon plus large l'humanité.
Dans cet atelier nous explorerons les aspects suivants :

* Accueillir l’énergie sexuelle et la transmuter par des techniques de relaxation et une ouverture à l’autre et au divin,
* Se connecter à la sagesse de la grotte sacrée pour la femme et au guide intérieur du hara chez l’homme.
* Développer son énergie "delphinienne" en articulant les polarités Yin et Yang
* Reconnaitre ses ombres et les transmuter en énergie de vie

mercredi 7 juillet 2010

La tragédie de la femme: peur et dépendance

Dans le billet sur La projection du féminin intérieur j'avais parlé du mécanisme de projection de l'homme sur la femme et dans La tragédie de l'homme: ne pas connaître le féminin j'avais parlé de la tragédie du masculin qui était de ne pas connaître le féminin. Je voudrais ici parler de la tragédie de la femme et du féminin, tel que je la vois, et regarder comment cette tragédie peut être surmontée et dépassée. Car ici comme ailleurs, il ne s'agit surtout pas de renier cette part d'ombre, car c'est dans cet aspect tragique, dans cette zone de souffrance, que se situe le germe du développement et l'accès à la transcendance.

Si le masculin peut ignorer le féminin, il n'en est pas de même du féminin qui, par sa nature, est relation. Pour prendre une image, si le masculin peut être représenté comme un arbre (force, pilier, courage, continuité, détermination, tranchant, etc..), le féminin est la liane qui s’enroule autour des arbres et qui relie tous ces arbres pour créer un réseau végétal. La femme étant l'incarnation naturelle du féminin, elle ne voit souvent le salut que dans la relation et elle sent plus que l'homme, le besoin du rapport aux autres pour exister. L’homme croit souvent qu’il n’a besoin de personne, qu’il peut tout faire tout seul. C’est d’ailleurs sa qualité, savoir (ou vouloir) assurer en toutes circonstances, mais il tend à ignorer tout ce qu’il doit aux autres pour être ce qu’il est. En revanche, la femme sent l'importance de la relation dans sa vie. Il suffit de parcourir les magazines féminins pour voir combien les femmes sont friandes de tout ce qui touche à la relation en général (les rapporta aux amies, aux parents) et surtout à la relation homme-femme. Dès que des hommes sont entre eux, ils parlent de foot, de voitures, de gadgets, de boulot (un peu moins les hommes nouveaux, ..) et quand ils parlent des femmes c'est souvent sur le mode de la conquête. Les femmes entre-elles ne parlent ... que des hommes ☺ (sauf quand elles sont mères et qu'elles parlent des enfants). Evidemment, c'est un peu cliché, mais cela correspond globalement à une tendance.

La femme se situe dans un rapport particulier fait de peur et de dépendance vis à vis de l'homme, une situation paradoxale, qui ne paraît "évidente" qu'aux femmes, puisque cela fait partie de leur propre mode de fonctionnement, mais qui semble souvent assez "bizarre" pour les hommes.

La peur et la dépendance vis à vis de l'homme

Les femmes ont peur de l'homme, du masculin conquérant de la force qui prend. Elles ont pour cela toutes les raisons d'avoir peur: des millénaires de viols, d'objétisation de la femme, de déni, d'oppression et de contrôle du féminin par la société patriarcale a créé un inconscient collectif d'angoisse vis à vis de tout ce qui touche au désir de prendre des hommes. C'est particulièrement criant dans les stages de développement personnel mettant en oeuvre un rapport sensuel entre homme et femmes (tantra, massages à l'huile, etc..).

La femme dans un premier temps a besoin d'être sécurisée, de se sentir reconnue en tant que femme. L'homme ne comprend pas toujours ce surcroit de protection nécessaire à la femme pour se sentir bien et s'ouvrir à l'homme. Il ne comprend pas ce que cela fait d'être pénétré, de recevoir l'autre en soi, de s'ouvrir dans sa plus profonde vulnérabilité. De ce fait, parce que l'homme peut être brutal, grossier, objétisant, et parce qu'il l'a été dans le passé (individuel mais surtout collectif) la femme tend à maintenir l'homme à distance dans un premier temps, tout en cherchant à plaire, à séduire, pour que celui qu'elle a choisi vienne la rejoindre en union. Parfois, les hommes un peu inhibés, manquant de yang, peuvent prendre la femme à la lettre et s'arrêter là, sans chercher à aller un peu plus loin, et ne pas comprendre que si elle dit "non" maintenant, c'est peut être simplement pour éprouver l'homme dans son intention, pour savoir où il se situe (bon parfois, un non signifie aussi un non. C'est là que ça devient difficile pour un homme...). Elle le juge, l'évalue. Sera-t-il un bon amant? Un protecteur? Un bon père de ses enfants? Est-il capable d'avoir une direction dans la vie tout en se laissant transformé par le féminin? A-t-il à la fois des couilles et un cœur? De la puissance et de l'attention? M'aime-t-il réellement? Va-t-il rester avec moi? Elle peut même projeter (bien qu'elle s'en défende), l'image du Prince Charmant, qui à la fois domine le monde ("c'est un prince") et ne voit pourtant qu'elle ("je suis l'élue de son coeur"). Cendrillon, la Belle au Bois Dormant, ou la Belle et la Bête ne sont pas très loin à ce moment. Elle a besoin de vérifier que l'homme puisse assurer, par ses qualités de leader, de courage, de protection, tout en étant tendre et prévenant. C'est le moment où la femme fait "durer le plaisir" de l'attente, en vivant les frôlements du désir qui monte et si possible en se jouant un scénario romantique "je l'aime, il m'aime" (cf. mon précédent billet sur L'amour romantique).

Dans cette phase, une femme encore un peu infantile peut sembler très paradoxale: elle demande à l'homme de dire tout ce qu'il pense, qu'il lui soit totalement transparent, mais en même temps elle ne veut entendre que des "je t'aime toi exclusivement et pour la vie". C'est la petite fille qui parle, dans cette demande absolue d'être entièrement l'objet de l'amour de l'autre. Elle dit: "je cherche l'amour absolu sans lequel la vie ne vaut pas la peine d'être vécu". Entendez: "je veux être aimée totalement, exclusivement, et que tu sois tout à moi, rien qu'à moi". Une manifestation de l'ego? non.... ☺

Une fois la peur de l'homme franchie, vient la dépendance. La tragédie de beaucoup de femmes, c’est de croire que leur existence, leur réussite, leur bonheur et leur plaisir dépend de cette relation, qu’elle n’existe qu’au travers d’une vie à deux avec un compagnon. Evidemment, cette situation a été dénoncée par le féminisme qui a vu là l'expression de la domination machiste, et du stéréoptype de la femme "féminine" qu'il fallait casser. Et effectivement, il y a beaucoup de stéréotypes là-dedans, mais pas seulement. Les femmes qui se sont rebellées contre ces stéréotypes féminins, sont devenues comme des hommes: affirmées, courageuses, compétitives, rationnelles, mais aussi compétitives, sèches, ayant perdu leur intuition. En gros, elles ne se sont libérées d'un stéréotype que pour en endosser un autre, celui de l'executive woman, de la "femme libérée" comme on disait dans les années 80, une femme dirigée en fait par sa partie masculine, son animus, pour employer un terme Jungien. De ce fait, si dans un premier temps les femmes ont été dominées, dans le second, les femmes sont devenues l'égal des hommes, mais en endossant un costume masculin. Dans les deux cas, le féminin est nié, dévalorisé.
La peur et la dépendance engendrent tout un ensemble de comportements destinés à juguler cette peur. J'ai parlé de mettre l'homme à distance, mais il y a d'autres comportements à l'âge adulte, qui viennent compenser des mécanismes infantiles sous-jacents. Lorsque la femme a peur, elle peut tomber dans les écueils les plus fréquents (qui correspondent aux aspects négatifs des archétypes du féminin.
  1. Rester une petite fille et chercher un "père", c'est à dire un être protecteur qui lui assure des revenus et qui la protège. Dans ce cas, elle cherchera à être très "féminine" (dans l'acception patriarcale du terme), en étant sexy, séductrice, "poupée barbie", pour correspondre à l'image projetée de l'anima de l'homme (un aspect dégradé de l'archétype d'Aphrodite/Vénus, la déesse de l'amour). Tout se passe bien en général tant que la femme est belle et jeune, car elle peut lutter contre les prétendantes en mettant en avant sa plastique (image de la "Bimbo"). Mais l'âge aidant, la vie l'amènera parfois à faire un travail sur elle, à sortir de ce comportement infantile car le temps travaille pour son âme en dégradant son corps.
  2. Prendre le contrôle de son environnement, en cherchant à tout maîtriser, surveillant tout, supervisant tout, en particulier son compagnon. Elle fera tout alors tout pour garder son homme en le "castrant" légèrement, c'est-à-dire en faisant en sorte qu'il ne soit pas trop "puissant" et rayonnant pour empêcher qu'il prenne son envol et qu'il la quitte. Personnellement, je vois beaucoup de couples autour de moi (dans le développement personnel, l'écologie et la recherche scientifique), qui sont dans cette situation: une femme contrôlante et un homme peu puissant. Je reviendrai bientôt dans un prochain billet sur ces structures de couples. Dans le domaine des archétypes, c'est Héra/Junon, la femme de Zeus/Jupiter, la femme éternellement jalouse de son homme ou bien Athéna, la femme de tête qui devient executive woman et prend le contrôle de sa vie en devenant aussi efficace qu'un homme.
  3. Fuir toute relation avec les hommes et devenir une "nonne" en renonçant à la sexualité (et surtout à toute vie en couple) et éventuellement à la maternité (archétype de la femme adolescente, Artémis/Diane). Soit en restant une éternelle adolescente rebelle, soit en devenant un être hommasse (le pendant féminin de "femmelette" pour un homme), lorsque le masculin prend toute la place pour empêcher de "sentir" la vie et les peurs qui vont avec.
  4. Devenir une "femme fatale" en se mettant en position de domination vis à vis de l'homme. Cette attitude lui permet de ne plus avoir de relation sentimentale avec un homme, uniquement préoccupée par le sexe pour ne pas avoir à ouvrir son coeur (archétype de la femme Lilitth). Mais ce faisant, elle se retrouve souvent seule (les autres femmes la chasse, elle ne peut pas avoir de relations d'égalité avec un homme), en quête perpétuelle de celui ou de ceux qu'elle pourra dominer en les liant par le sexe.
  5. Devenir une "mère universelle" en s'occupant des autres et en niant toute la partie sexuelle et charnelle de la féminité. Elle peut le faire en étant totalement effacée et en s'oubliant elle-même (archétype de Hestia/Vesta, la déesse du foyer), ou au contraire en n'étant plus que mère et en voulant tout pour les autres (archétype de Déméter, mais aussi de la "mère juive" (ou méditarranéenne) qui se met au service du foyer en étouffant les autres par sa personnalité rayonnante)
Pour plus de précision sur ces types féminins et leurs archétypes on pourra se référer avec bonheur au livre de Christine Champougny-Oddoux · Femme et Déesse Tout simplement -Rencontre avec le féminin sacré. Souffle d'Or. Attention, je n'ai parlé ici que des aspects négatifs de ces archétypes, c'est à dire de la manière dont la peur est transformé soit en inhibition et en retrait de la vie, soit en demande vis à vis d'autres pour être protégés, soit en contrôle de l'environnement. Ils peuvent se ramener à quelques éléments de base: "j'ai peur de la vie, alors je me fais toute petite", "aime moi, protège moi, je suis une gentille fille et je m'adapterai à ce que tu veux de moi" ou bien "je ne me laisserai pas faire, je maîtrise mon environnement pour ne pas être maîtrisée moi-même".Ce qu'il faut comprendre, c'est que tous ces comportements sont des réactions face à la peur (et notamment la peur/attirance vis à vis de l'homme), lesquelles empêchent le développement de la femme, en incarnant le Divin Féminin qui a été représenté sous la forme de déesse telles que Aphrodite/Vénus, Isis et Shakti, la divinité/principe femelle du tantrisme.
Mais que signifie "incarner le Divin Féminin"? Que veut dire aller dans sa puissance féminine sans nier l'homme, sans en avoir peur et sans être dépendant de lui non plus?

Le vide créateur

Il me semble que cette peur et cette dépendance peut à la fois être comprise et transcendée en essayant d'appréhender ce qui constitue l'essence du féminin, c'est à dire sa capacité à engendrer du nouveau à partir du vide intérieur, dans l'accueil de l'autre en soi. Je m'explique. Le Vide (la vacuité disent les bouddhistes) est la matrice génératrice de la matière et de la forme. Le Sutra du Coeur le dit: "La forme est vacuité, la vacuité est la forme". Ce que je lis comme "La forme n'a pas d'essence autre que la vacuité, et la vacuité engendre/est la matrice même de la forme": matière et vide énergétique ne sont que deux faces, deux apparences de la même pièce. L'espace infini est pratiquement vide: où que l'on regarde dans l'univers, c'est du vide dont il est question. Les atomes sont essentiellement constitués de vide. Le vide est partout mais on ne le voit pas. Il est la base, le fondement à partir duquel la forme (c'est à dire la matière, le mouvement, les choses) peuvent émerger.

Or le masculin et le féminin ont un rapport différent vis à vis du vide. Le masculin va vers le vide, il est attiré par la mort, où il voit le début de la renaissance. C'est le héros qui brave la mort pour aller vers son destin, c'est l'amant qui éjacule toute sa puissance avant de sombrer dans la "petite mort", c'est la jouissance du défrichement et de l'éradication du mal, de la "place nette" réalisée de manière rapide avec puissance (c'est la technique du karsher ou encore du nettoyage par le feu, à ne pas confondre avec celle de l'éponge et de la serpillère ☺ ), c'est enfin le méditant Zen qui devient progressivement cette vacuité par l'ascèse et la pratique méditative, c'est Shiva, la conscience absolue, infinie, sans forme ni objet.

Pour le féminin, le vide ne se situe pas à la fin, mais au commencement à la source de la création. L'enfant surgit du vide matriciel, comme la forme émerge de la vacuité. Seul un Dieu mâle peut dire: "que la lumière soit, et elle fut". Une Déesse aurait dit: "le monde a surgi de moi quand c'était le moment. Il s'est enfanté de moi". Il n'y a pas de "je" solide dans le féminin pur (l'ego est yang par nature), juste la place, le creuset alchimique pour que tout puisse advenir. Or ce vide, la femme le vit à l'intérieur d'elle. Freud et Lacan ont eu raison quand ils ont parlé du rapport au manque pour la femme, mais ils ont eu tort, d'après moi, d'y voir un "manque de phallus", cette vision étant très marquée culturellement par la culture patriarcale de leur époque. Non, la femme vit la vacuité dans son être même, mais un vide, et c'est là le paradoxe, qui n'est pas un manque mais le potentiel, la source de création de la forme.

 Anatomiquement parlant, le sexe de la femme n'est pas à l'extérieur comme un être indépendant qui fait ce qui lui passe par la tête. Si les hommes appellent "popaul" leur pénis c'est qu'à la fois ils peuvent le voir, mais aussi qu'ils le vivent comme plus ou moins séparés d'eux. C'est d'ailleurs le paradoxe de l'homme: son sexe détient sa virilité mais il ne le contrôle pas, et il est en dehors de lui. De ce fait, l'homme passe sa vie à essayer d'incorporer son sexe à le faire devenir partie de lui-même.
Ce n'est pas le cas pour la femme, dont le sexe est entièrement à l'intérieur. Il ne s'agit plus d'incorporer son sexe, mais de le découvrir, de le faire surgir de cette invisibilité initiale, de l'exprimer dans sa capacité d'accueil et de réception, de le vivre dans son incarnation la plus totale, et ainsi de faire Un avec la Vie. L'anglais a un mot pour décrire ce ventre géniteur de la femme: the womb (prononcez woum. Cela rime avec moon, joli non?), qui comprend tout l'appareil sexuel et reproducteur (vagin, uterus, ovaires). En français, une des traductions que je préfère est "La Grotte Sacrée". Tout y est dit: l'intériorité, l'obscurité, le mystérieux, mais aussi le sacré et la relation directe à la Vie. Mais comment cette grotte mystérieuse, qui est le fond de son existence, mais qu'elle ne peut pas voir, peut-elle se révéler à la femme? Comment la femme peut-elle devenir entièrement femme? C'est là toute la complexité, et en même temps la simplicité du développement de la femme: c'est compliqué si on l'appréhende par le mental, c'est évident si on le vit.

Dans un premier temps, la femme peut vivre cette vacuité intérieure comme un manque, qu'elle va chercher à combler. Elle peut chercher à remplir avec de la nourriture (boulimie) ou par l'achat de vêtements et de parures pour se sentir plus belle. Mais il s'agit là d'un comportement compensatoire qui ne peut masquer le désir profond d'être comblée dans son ventre même, de sentir la source de Vie en elle-même.

Dans un second temps, c'est par la pénétration d'un sexe d'homme qu'elle peut se sentir comblée, complète, totale. Dans l'acte sexuel, la femme peut aller très loin dans la disparition de soi, car il lui suffit de s'abandonner à sa nature féminine d'accueil et de lâcher-prise. Le vide devient plein, la vacuité devient totalité, et elle peut faire alors l'expérience de la transcendance, de l'Union Cosmique. En faisant simplement l'amour avec un homme dont elle n'a plus peur, elle peut découvrir en quelques instants ce qui a demandé des années à un maître spirituel et faire l'expérience de la dissolution du moi, de la mort, de l'Union Cosmique. C'est pourquoi on dit dans certaines traditions que la femme n'a pas besoin d'initiation parce qu'elle est déjà initiée. En fait ce n'est pas totalement vrai. Elle a juste besoin de se découvrir dans ce Creux qui est à la source du Plein, d'aller totalement et complètement dans son propre féminin qui l'habite. Mais dans cette démarche, elle peut croire que c'est l'homme qui lui a donné ce plaisir, qu'il est responsable de cette félicité. Et quand il se retire (parfois un peu brusquement) elle peut être amenée à penser ou à dire "reste encore un peu, comble moi encore" en croyant que l'extase qu'elle a vécu dépend totalement de l'homme qui l'a "fécondée" de son sexe. Elle en veut plus, car elle a goûté non seulement au plaisir du sexe, mais surtout à l'extase de la dissolution, à la plénitude d'être rien, à la divinité incarnée dans la félicité.

Et elle qui était un peu distante tout à l'heure, devient toute autre: animale, à la fois panthère et chatte, au service de l'homme qui lui donne ce plaisir, et redemandant encore plus d'amour et de sexe. Elle sait intuitivement que le sexe est la porte d'entrée à quelque chose de plus profond, de plus puissant. Elle se sent au service de la Vie, dans son acte créateur, au travers de l'amour, du désir et de la rencontre amoureuse. A ce moment, elle n'a plus peur de l'homme, bien au contraire. Elle désire sa puissance virile au plus profond d'elle. Et plus elle s'ouvre, plus elle se sent à la fois fragile et puissante, plus elle rencontre le Divin Féminin, dans son incarnation la plus simple.. Elle devient Aphrodite, Shakti, Marie-Madeleine,.. Elle n'est plus femme, mais l'incarnation de la divinité, telle Isis à la fois épouse, amante, mère, réparatrice des blessures et fécondante ou Ishtar, déesse de l'amour, du sexe (dans ses temples se livrait la prostitution sacrée), de la fécondité et de la guerre. Dans cet acte d'amour charnel, qui inclut toute la personne (sexe, coeur et conscience), elle devient la synthèse de toute la féminité, à la fois déesse du sexe et vierge, sorcière et nourricière, et bien plus encore... Et c'est justement à ce moment là que beaucoup d'hommes ont peur, car ils sentent intuitivement qu'ils ne peuvent plus contrôler cette femme. Celle qu'ils voyaient comme un être fragile est devenue un démon sexuel, un être qu'ils vivent comme insatiable et ils se demandent s'ils vont pouvoir assurer. Le "Alors heureuse?" du mamcho n'est qu'une demande dissimulée pour se rassurer et entendre un "mon chéri comme tu m'as comblée". Le sexe mou après l'amour, l'homme se sent très vulnérable quand la femme se sent encore plus femme et plus rayonnante. C'est d'ailleurs toujours amusant de voir un couple après une folle nuit d'amour: l'homme a des cernes sous les yeux, il cherche un remontant, quand la femme arbore un grand sourire et donne l'impression d'être une source de lumière permanente.

Faire l'amour avec un homme qu'elle aime (entendez "dont elle n'a pas peur et qui la reconnait comme femme"), rend la femme à la fois plus en contact avec son féminin, avec l'essence et le mystère de la Vie, mais plus fragile aussi dans son être. Après un rapport amoureux, la femme ressent encore le sexe de l'homme en elle pendant des jours. Toute la vie disent certaines. C'est pourquoi elle tend à choisir son compagnon avec soin, ne cherchant pas à être pénétrée par n'importe qui (en revanche, pour les massages ce n'est pas un problème ☺), chaque homme risquant de venir ajouter une histoire, une mémoire en elle. Au fil du temps elle peut se sentir comme contaminée, comme si plusieurs couches se superposaient en elle, devenant de plus en plus un fardeau dans sa vie. Il lui faut alors vivre des rituels de réparation et des soins énergétiques destinés à enlever toutes ces couches qui lui empêchent d'être totalement elle-même, pour redevenir vierge ("like a virgin" chantait Madonna), lavée de toute souillure, de toute mémoire, Déesse éternelle de l'amour.

Au delà de la peur et de la dépendance

Si elle a traversé tout cela, si elle a intégré cette capacité auto-réparatrice en elle, c'est à dire quand elle a réellement fait l'expérience que le Divin Féminin est en elle et qu'il ne dépend pas de l'homme, quand elle a réalisé que sa Grotte Sacrée est réellement son centre, et qu'elle le sent en permanence, alors elle sent une nouvelle force en elle. Elle a trouvé sa source, son centre, sa puissance à l'état pur. Elle a intégré la puissance du masculin en elle, mais une puissance qui a été transmutée par le féminin. De l'extérieur, la femme devient magnétique. Elle attire car elle n'est plus dans le besoin. Elle est à la fois vierge et salope, pure et démoniaque. Ces deux pôles féminins se sont unis en elle. Elle n'est plus la femme d'un homme, mais l'épouse de la Vie. Un peu sorcière, un peu fée, très féminine, insaisissable par l'esprit rationnel, elle semble tisser des fils de magie dans l'espace. Si elle n'est pas en couple, elle fait l'amour rarement, mais à chaque fois, il s'agit d'une expérience mystique, un dépassement total de l'être, une célébration de la Vie et de l'Amour, sans attachement. Elle a tout donné d'elle, mais elle sait qu'elle existe au-delà de tout cela et elle n'a plus peur. La félicité est dans l'instant présent, dans le courant qui la pousse et auquel elle s'abandonne avec joie et volupté. Elle n'aime plus quelqu'un de particulier, car son amour est devenu plus général et plus fort aussi. Elle aime la Vie telle qu'elle s'incarne dans chacun, avec ses forces et ses faiblesse, voyant la force dans ce que les autres appellent faiblesse et vice-versa. Elle peut initier, enseigner, car elle en contact avec la création. Les hommes "ordinaires", ceux qui n'ont pas réalisés les noces alchimiques en leur sein, ne peuvent les comprendre. Ils tombent sous leur charme, complètement envoutés, ou bien ils ont peur d'elles, leur en veulent, les rejetant. Beaucoup de ces femmes ont été brûlées comme sorcière dans le passé, car elles ne peuvent être soumises à l'ordre patriarcal.

 Pour résumer, et parce que ce billet est déjà long, la femme passe par trois étapes successives: la petite fille qui a peur et qui veut être aimée et protégée ou qui compense en contrôlant le monde extérieur, la femme adulte qui s'abandonne à sa féminité dans le cadre d'un couple (et éventuellement d'une famille), et la femme Shakti (à la fois déesse et sorcière, intégratrice des opposés) qui vit dans l'Amour de la Vie et le non-attachement. Bien sûr, ces trois étapes s'interpénètrent, et il y a parfois des retour en arrière, mais globalement il s'agit d'un processus de transformation, et il n'est pas possible de brûler les étapes. On ne peut pas passer de la petite-fille à la Shakti d'un coup de baguette magique, et la phase intermédiaire de la femme mature, liée sexuellement à un homme dans le cadre d'un couple (même si cela ne dure pas toute la vie), semble relativement fondamental.
Bon, comme toujours, ce n'est pas la Vérité qui est écrite ici, juste une vision qui peut être, je l'espère, vous sera utile. Et profitez en pour la commenter, la critiquer, l'amender, la questionner, afin que nous puissions avancer dans la compréhension de ce que nous sommes sur cette planète.

Jacques

Crédit illustration: 
La naissance de Vénus: Alexandre Canbanel
Aphrodite: www.atheneraefiel.com/
Ishtar: www.selinafenech.com

lundi 5 juillet 2010

L'amour romantique

Ah, l'amour... Qu'est ce qu'on ne ferait pas par amour? Comme l'exprime très bien la chanson d'E. Piaf, l'hymne à l'amour:
Tant que l'amour inondera mes matins - Tant que mon corps frémira sous tes mains - Peu m'importent les problèmes - Mon amour, puisque tu m'aimes.
L'amour romantique est le lieu même où l'on peut se sentir exister. Dans l'idée même de la vie comme romance, l'amour ne peut jamais être totalement vécu dans son entièreté, mais il doit continuellement passer d'une situation de félicité incroyable à un déchirement et à des problèmes sans nom, ce qui contribue à l'expression de l'ensemble des émotions et du drame humain. Pratiquement l'intégralité des romans d'amour, comme des séries "à l'eau de rose" sont fondées sur cette idée. Les femmes plus particulièrement, du fait de leur attachement aux émotions ("si je vis des émotions, alors j'existe") ont un goût prononcé pour tout ce qui a trait à l'amour romantique. La situation la plus classique de l'amour romantique c'est celle du "je t'aime mais tu ne m'aimes pas". Alors, bien évidemment je souffre, ce qui me permet de me positionner comme victime ("pourquoi ne m'aime t-on jamais", "pourquoi ceux que j'aime ne m'aiment pas", "pourquoi la vie est elle si dure avec moi", etc.). Mais en fait, sous la souffrance réside une jouissance qui peut être résumée par la phrase: "je souffre donc j'existe", structure dont se nourrit l'ego. Eckhart Tolle en parle très bien sous le terme de "corps de souffrance" (cf. Nouvelle Terre : L'avènement de la conscience humaine), cette partie de l'ego qui jouit de manière masochiste de sa propre souffrance en étant au centre du drame qu'il s'est construit. On cherche à se faire aimer de celui qui ne nous aime pas (et qui est l'élu de notre coeur justement parce qu'il ne nous aime pas), ce qui conduit à augmenter notre souffrance et notre degré de victimisation et donc à augmenter la relation narcissique que l'on entretient avec soi-même.

En fait, l'amoureux transi tire sa propre jouissance de cet état de souffrance. Il suffit d'ailleurs souvent que la relation change, à la suite d'une circonstance quelconque, pour voir que tout cet échafaudage d'amour, de coeur meurtri et de déchirement ne repose finalement que sur une aspiration perpétuelle de l'ego à exister. Par exemple, il suffit que Marie, qui était aimée par Paul mais sans l'aimer, commence à trouver désirable Paul pour que Paul ne soit plus intéressé par Marie. Paul tire son plaisir du non-amour de Marie, qui lui procure une existence en lui permettant de jouer son pattern de victime de l'amour. L'amour romantique est donc très addictif, car il nourrit l'ego en lui permettant d'exister en créant des drames dont il sera le premier à être enchanté d'en devenir la victime tout en augmentant la souffrance. La passion amoureuse relève du même ordre d'attachement émotionnel qui nourrit l'ego. La passion amoureuse peut se résumer à "je t'aime totalement, je me donne à toi, je suis près à mourir pour toi". Ici encore, on n'est pas attaché à l'autre, mais à la sensation délicieuse qui est provoquée par de telles émotions. Si en plus ce type d'amour est valorisé par la culture (ce qu'on appelle justement la culture "romantique"), on tend à croire que la vie ne mérite pas d'être vécue si l'on ne ressent pas ce type d'émotion. Mais que se passerait-il si, tout d'un coup, notre attachement à l'amour romantique tombait, si l'on arrêtait de voir dans ces passions une valeur? On verrai alors que le "je me donne à toi" constitue en fait une demande "soit totalement pour moi", et que l'autre, ici encore, ne compte que comme un moyen de satisfaire notre narcissisme.

Bon ce billet ne va pas faire très plaisir à certains, parce que l'addiction à l'amour romantique est tellement fort (j'en sais quelque chose, j'ai été drogué pendant des années, et j'aime toujours regarder des films de passion amoureuse) et tellement présent dans notre société, qu'il est très difficile de décontaminer un drogué et de dire à un amoureux que finalement ce qu'il adore par dessus tout, dans tout ce drame dont il est l'acteur principal, c'est en fait son nombril. Regardez le merveilleux film d'O. Dayan, La Môme, sur la vie d'E. Piaf (ce film me fait pleurer à chaque fois) pour bien se rendre compte qu'une vie passée uniquement sur le signe de l'amour n'est pas exempte de cette vision. Et puis, essayez d'aider les personnes vraiment accrochées à leur souffrance amoureuse et vous comprendrez comment c'est seulement cette identification et cet attachement à l'amour qui contribue à créer la souffrance par son simple désir d'exister. Mais que l'ego se reconnaisse lui-même comme l'auteur de sa propre souffrance, c'est souvent un peu trop fort à avaler pour les victimes. C'est pourtant une étape essentielle vers la sagesse.

Jacques

samedi 12 juin 2010

La projection du féminin intérieur

Dans de nombreuses traditions occidentales et orientales, chaque être humain est conçu comme un subtile mélange de masculin et de féminin, de yang et de yin pour reprendre la terminologie chinoise des énergies. L'homme possède ainsi en lui une part féminine qui cherche à s'incarner en lui. C. G. Jung a appelé « anima » cette part féminine de l’homme, souvent inconsciente, qui correspond à l’image intérieure que l’homme porte en lui de tout le féminin.

Elle apparaît souvent dans les songes sous la forme « d’une femme inconnue que j’aime et qui m’aime et qui n’est jamais ni tout à fait la même ni tout à fait une autre », mais c’est aussi une énergie, un élan qui nous pousse, nous les hommes, vers l’autre, vers l’inconnu, qui ouvre notre cœur et nous donne notre créativité. Le féminin correspond à la part relationnelle de l'être, au cœur qui sait accueillir l'autre et accepte d'être transformé par la relation.

Cette part féminine est présente chez chaque homme, que celui-ci en soit conscient ou non. Lorsqu’il en est inconscient, cette part féminine se projette sur des femmes qui correspondent aux stéréotypes féminins de la putain, de la mère et de la vierge. Ces projections constituent en fait des images indifférenciées de l’inconscient collectif masculin. Dans ce cas les femmes sont « objétisées » car elles sont vues au travers du filtre d’un féminin intérieur peu évolué, comme celle qui est véhiculée dans les "magazines masculins" ou dans la pornographie.

Le féminin de l’homme c’est aussi la porte vers sa créativité et sa plus grande expression artistique et poétique : c’est la muse du poète, l’inspiratrice de ses talents artistiques.

On retrouve des images de ce féminin intérieur dans les contes et notamment les romans de chevalerie, sous la forme de la belle à sauver et du périple que fait le chevalier pour satisfaire les demandes de la princesse qu’il aime. On la trouve aussi dans les romans Arthuriens, sous la forme de la quête du Graal, qui représente, sous la forme d’une coupe ayant reçu le sang du Christ, le féminin divin, la coupe contenant du sang étant un symbole éminemment féminin.

Le féminin intérieur de l’homme est souvent projeté: l’attirance forte qui nous pousse l’un vers l’autre, le « coup de foudre » correspond généralement à une projection de ce féminin intérieur, de cette anima, sur l’être désiré. L’amour est d’autant plus passionnel et fou que le rapport de l’homme avec son anima est inconscient, car ce n’est pas de cette femme qu’il est amoureux, mais de sa propre partie féminine inconsciente projetée sur cette femme. Cela permet et facilite la rencontre, mais pour autant ce n’est pas une relation durable, car cette fascination va disparaître lorsque la femme réelle apparaîtra derrière l’image projetée. Éventuellement, cette image projetée deviendra « repoussante », et la femme sera vécue alors sous la forme d’une sorcière. Dans tous les cas, les grands archétypes féminins, tels qu’ils sont vécus par les hommes, correspondent à des projections désirables ou repoussantes :  (ange ou démon, vierge ou putain, mère ou sorcière, etc…)

Lorsque l'homme ne s'aime pas totalement, lorsqu'il ne trouve pas au fond de lui sa puissance masculine nourrie du cœur féminin, il tend à vouloir trouver quelque chose chez la femme dont il a l'impression de manquer. Mais ce qui le pousse alors, ce n'est pas l'amour, mais le besoin. Il sait que cet amour ou cette passion dévorante n'est qu'une fascination, la projection même de sa part d'ombre sur cette femme qu'il désire, la femme mystérieuse et fatale qui suscite en lui une passion folle qu’il prend souvent pour de l’amour.

Cet amour qu'il ressent ne vient pas du cœur, il n'est là que pour combler un manque, un vide intérieur qu'aucune femme ne pourra jamais combler. Alors il peut se lancer dans une course éperdue pour trouver chez la femme cet amour là, cette Source ininterrompue d'amour qu'il a bloqué pour lui-même. Il peut même vouloir aider les autres, mais il est encore comme en manque. Il peut alors devenir addicté par une femme-fatale, par le sexe ou par la pornographie, au risque de se perdre lui-même. Il tente de donner du corps à sa vie pour ne pas voir qu'il cherche, au travers de la femme à se trouver lui-même, à rencontrer la part divine en lui, à s'unir à son âme (n'oublions pas que 'anima' est le mot latin qui signifie 'âme'). C'est comme si ses ombres le poussaient à reproduire des schémas sexuels et relationnels infantiles pour qu'il puisse les contempler, les voir, et en sortir une bonne fois pour toutes.


L’anima est investi initialement de l’image de la mère, la première femme rencontrée par l’homme. De ce fait, l’image de la mère est encore très présente dans les relations que l’homme entretient avec sa (ou ses) compagne(s). Il ne voit pas que la belle princesse ou la déesse dans sa compagne, mais aussi la sorcière ou la mégère, surtout les jours où leurs relations se détériorent.. mais cette projection est aussi fausse que lors du coup de foudre initial, elle n'est qu'une image projetée sur l'autre.

Lorsque l’homme commence à accepter cette part féminine en lui, il devient plus créatif, plus poète, plus en relation avec les autres et avec sa propre intériorité. Il tend vers une harmonie intérieure, représentée en alchimie sous la forme de l’union du Roi et de la Reine et il peut entrer en Union Sacrée avec une femme, s'investir totalement dans la relation, en se dégageant de l'image de la mère. Il peut alors aimer profondément cette femme, être tour à tour le père, l'adulte, le protecteur, le poète, l'amant, l'adolescent, mais sans être figé dans une image particulière, en étant en relation avec sa compagne, passionnellement, mais sans être dans le besoin infantile de la sécurité maternelle. La voie du tantra, consiste justement à aller au-delà des projections, tout en reconnaissant leur puissance archétypale, pour aller à la rencontre de Soi, du divin en nous et autour de nous, au travers de l'Union Sacrée.

Jacques

mardi 8 juin 2010

Expérience divine

Par Eve Fouquet, artise peintre, site: www.etincelledevie.fr

J’arrivais au bord du monde, bien après les dernières terres, aux confins d’un néant lumineux, fine lame horizontale, promesse irisée d’un espace à venir, à créer, s’agissait il d’un futur ? D’une rencontre de l’espace et du temps dans leur cristallisation dorée?

Des ombres promenaient leurs formes étranges et ciselées sur le sable noir comme un miroir de nuit. Des éclats diamantaires de lunes pleines, liquides, sur le bout des vagues nocturnes, accrochaient la grève comme pour enlacer le sable avant qu’il ne les absorbe.

A l’est, se leva le Dieu ancestral, immense boule de feu, mon corps, dans l’eau lumière, se répandit comme un désir assouvi,  déesse des eaux, mémoire retrouvée, quintessence  de noces alchimiques. Au fil des eaux tièdes, parée de dentelle  d’écume, je me laissais dériver. Abandonnée, je devins  courrant,  houle, puis flux et  reflux, vague, à la fin, je m’allongeais en mousse pétillante sur le sable noir, qui m’absorbait dans son infinitude.

Je  revenais plus haut, transmutée en fines gouttelettes, brume argentée emportant avec elle les prières des humains. Unie aux nuages, mue par le souffle divin, j’étais mais n’étais plus, touchant irrésistiblement du corps et de l’âme un sentiment d’unité.

J’atteignis ces terres oubliées de l’âme, ces terres vierges ou en jachère depuis tant et tant…Comment cette nature généreuse et puissante me ramenait elle à ma nature profonde? À l’être. Peut être était ce que plus rien n’arrêtait le regard, seules les lumières éclairaient les sentiments, seules les textures des eaux appelaient à des futurs en germe, aux portes de l’imaginaire.

Eve
Janvier 2010
Tahiti

dimanche 9 mai 2010

Etapes vers l'éveil

Le développement spirituel est comme une sorte de jeu video dans lequel on passe de niveau en niveau. Et à chaque niveau, il s'agit d'une nouvelle histoire, d'un nouveau mode relationnel, d'une nouvelle conscience.

1. Initialement, au premier niveau, on vit tranquillement dans un état d'inconscience incroyable.. Tellement incroyable que dans les moments d'éveil et de lucidité, on ne peut pas y croire. Comment as t-on pu passer toute sa vie dans cet état, à appliquer des programmes internes, fruits de conditionnements biologiques et sociaux? Dans ce premier niveau, non seulement on ne sait pas, mais on ne sait pas qu'on ne sait pas. C'est l'état d'orgueil ("moi je sais et je vais vous le dire") ou de victime ("pourquoi tout cela m'arrive à moi"). A ce niveau on ne pense qu'à soi, mais on est tellement imbus et prisonnier de soi qu'on ne réalise même pas qu'on ne pense qu'à soi et que les autres n'existent pas. Ils ne sont que les ressources de nos actions ou les projections de nos désirs. On voudrait être comme la Star de la télé, séduire cette belle femme ou être aimé de ce bel homme, sans voir en quoi nos désirs sont poussés par des pulsions inconscientes.

On se croit libre, et on devient vite piégé dans des addictions incroyablement puissantes (cigarette, drogue, alcool, sexe, télé, jeux videos, livres, etc..) dont on ne voit la puissance que lorsqu'on est sevré de notre drogue. On est alors comme Bilbo dans le film "Le Seigneur des Anneaux" qui repense toujours à son "précieux".. Ce que l'on croyait être notre liberté ("je fais cela parce que j'en ai envie") était en fait un programme fonctionnant en boucle, une tentation du démon. On croit que l'on est quelqu'un, mais on se rend compte qu'il y a des sortes de "bugs" dans notre fonctionnement.

Etonnamment, heureusement, qu'il y a la souffrance. C'est bête à dire, mais sans la souffrance nous ne bougerions pas, et l'on resterait ainsi à reboucler nos programmes comportementaux.. Envie, souffrance, envie, souffrance, etc.. sans être jamais satisfait ni réellement heureux. C'est le Samsara bouddhiste dans lequel nous cherchons juste à combler nos manques (désir d'être aimé, reconnu, valorisé, .. peur d'être abandonné, abusé, trahi, rejeté, nié, de ne pas être à la hauteur, etc.. ) sans se rendre compte que nos actions conduisent généralement à augmenter les problèmes et à nous placer dans des situations où soit nous souffrons encore plus, soit nous vivotons pour ne pas souffrir. Mais la prise de conscience de cet état, grâce à la souffrance, nous fait avancer. On se tourne vers la psychothérapie, le développement personnel ou le chemin spirituel pour mieux comprendre nos mécanismes et sortir de notre souffrance. Initialement, on cherche à moins souffrir, à être moins seul, à être quelqu'un, à exister, à panser des blessures ou à avoir un peu de succès dans le monde. On était "mal" et voudrait "aller mieux"... et cela nous fait passer au niveau suivant. C'est pour cela que Yeshua parlait aux gens simples et souffrant: ce sont eux qui peuvent entendre le message du divin, car ils ont l'impression que, de toutes façons, ils n'ont plus rien à perdre, alors que ceux qui ont tout sont sourds à sont appel. C'est en cela que "les premiers seront les derniers". C'est par les défauts de notre cuirasse, et par les fracas de la vie que l'on peut recevoir la lumière.

2. Au deuxième niveau, on se rend compte qu'il y a quelque chose d'autre.. On commence le chemin, nos yeux se décillent un peu. "Un voile épais me cachait les yeux, et j'ai vu une vague lueur là bas, loin, très loin.. et j'ai frappé à la porte", disent certains rituels ésotériques. Alors on commence le chemin, avec des moments d'extase et de révélation, et des moments de tristesse, de déchirement.. On se libère peu à peu des voiles, peu à peu de nos armures et de nos valises si lourdes à porter.. Mais cela ne se fait généralement pas facilement, car nous sommes attachés à nos biens, attachés à nos relations, attachés à nos identités..

Nous cherchons la sécurité, bien que nous sachions que la mort nous attend. Parfois, dans des éclairs de lucidité, nous voyons l'enfer sur Terre, le rouleau compresseur de la Vie. Parfois même, en nous tournant vers Dieu, nous pouvons même en venir à le maudire, lui qui nous a fait venir sur Terre ainsi. "Comment peux tu te prétendre bon, alors qu'il n'y a que souffrance autour de nous?", "comment peux tu dire que tu est amour, alors que je ne vois que l'ego et la haine".. Alors il répond tout doucement: "tu n'as pas assez bien regardé. Tu vois mieux qu'avant, certains voiles ont été enlevés, et tu peux sentir la souffrance de chacun, mais tu n'as pas encore été assez loin.. Regarde mieux en ouvrant encore plus ton coeur".. Et on commence à regarder avec ce regard nouveau, dont les lunettes s'appelle Amour. Amour inconditionnel, sans aucune raison, ni objet, mais amour pour tout ce qui est.. Et l'on voit alors la lumière dans chaque coeur, et en quoi nous faisons tout pour ne pas la voir à l'intérieur de nous, comment nous refusons sa présence bienfaisante, comment nous résistons à son appel.. Et là on découvre que les sécurités n'en sont pas; que la richesse, si elle permet d'avoir un peu de confort, ne nourrit pas intérieurement l'âme, et qu'on peut se trouver aussi désemparé riche que pauvre. Disons, que la tristesse, la solitude et le manque d'amour sont un peu plus facile à vivre riche que pauvre, mais dans les deux cas, il ne s'agit pas de bonheur..

Alors on écoute encore plus cette voix qui vient de l'intérieur de l'être, cette voix qui vient du coeur et qui dit: "abandonne toi à moi". Cette voix est douce et pleine d'amour, mais elle fait néanmoins peur, car elle n'offre aucune garantie.. Elle dit juste "fais confiance, tu verras...".. Et là le moi est pris de panique.. Si vous êtes introverti, cette voix est effrayante car elle demande d'aller au grand jour, de rencontrer la lumière, de déchirer cette séparation d'avec la Vie qui s'est construite peu à peu. Si vous êtes introverti, elle vous demande d'arrêter de courir après les choses du monde pour aller à la rencontre de vous même, d'aller dans l'intimité de votre coeur. En gros, elle nous demande d'intégrer cet aspect de nous mêmes que nous avons évité toute notre vie. "Va là où tu n'as jamais été, va là où tu ne veux surtout pas aller." Non pas par défi ni provocation, mais juste pour être réellement plein et vivre la liberté de l'être, qui ne peut arriver que si l'on est totalement soi..

3. Une fois qu'on a fait ce travail, un jour, après une épreuve difficile qui nous a fait ouvrir les yeux, et permis de supprimer un ensemble de peurs, on passe au troisième niveau et on se retrouve au contact de son âme. C'est elle qui prend les rênes, qui décide. Le "petit moi" n'est plus le tyran qu'il était, et quand il réapparaît cela faire rire, car il est si petit et ses désirs sont si mesquins comparé à l'étendue du monde! Alors, sans même y penser, nos actes se tournent vers l'humanité et nous nous engageons au service de la Vie. Non pas tant pour "faire le bien" que pour se réjouir de chaque instant, pour être totalement et avec enthousiaste dans ce que l'on fait. La meilleure boussole de l'âme, c'est l'enthousiasme, car il indique notre alignement avec le désir puissant de notre âme, ce que l'on appelle parfois "notre mission".

Ce qui enthousiasme l'âme, c'est toujours en relation avec la créativité, la rencontre, le soin, le fait de s'occuper des autres, des animaux, des plantes, du monde. C'est aussi en lien avec la compréhension, la recherche de la Vérité et de la Connaissance, le désir d'explorer des espaces nouveaux. Il peut s'agit de dépassement de soi, (quand ce dépassement de soi sert l'être humain), ou de monter des projets réalisés avec conscience, pour le bien du monde. C'est ça l'âme. Elle n'y peut rien. Elle ne s'enthousiasme que pour cela, car elle est en contact avec toutes les autres âmes. Il n'y a que le moi pour ne pas voir que nous ne sommes pas séparés. Elle est naturellement bodhisattva, aidante, aimante, préoccupée de la totalité des êtres, l'intégralité de l'Etre. Alors, à ce niveau, on donne, on crée, on fait. Non pas pour obtenir, mais par empathie, pour le plaisir de donner, sans chercher à recevoir. Si l'on donne une pièce à un mendiant, c'est un peu pour lui, mais aussi pour soi. Non pas pour recevoir des remerciements, mais simplement parce que donner ouvre le coeur et nous rapproche de Dieu. C'est ce qu'on appelle "l'Egoïsme Divin" (divine selfishness) qui fait que, si on ne le cherche pas spécifiquement (sinon, cela ne marche pas, Dieu déteste les marchandages..), plus on donne, plus on reçoit. Nous passons parfois en amour inconditionnel et recevons l'extase naturelle qui en découle.

Il y a encore d'autres niveaux, mais cela sera pour une autre fois..

Aaron

mardi 4 mai 2010

Conscience, Coeur et Puissance..

Il existe tout un ensemble de voies spirituelles, mais il me semble qu'il en existe trois essentielles qui correspondent aux centres énergétiques fondamentaux de l'être: la voie de la conscience (3ème oeil), la voie de l'amour et du sacrifice (le coeur), la voie de la transmutation et de la puissance (le hara/Grotte Sacrée, sexe).

La voie de la conscience a été particulièrement développée dans le bouddhisme: la cessation de la souffrance du moi, par l'arrêt des désirs, mais aussi l'arrêt des pensées dans le calme absolu de la Nature essentielle de l'Esprit. Les techniques de méditation de type Vipassana ou de claire conscience consistent à être le témoin non interventionniste de tout ce qui se passe à l'intérieur et à l'extérieur de nous. Dans ce calme, l'individu se dissout pour devenir une simple présence "je suis", totalement désidentifié de sa propre personnalité, et atteindre l'état de Śūnyatā, dans lequel il n'y a plus de différence sujet / objet.

La voie de l'amour et du sacrifice a été incarnée par Yeshua, le christ. Il s'agit d'abord et avant de reconnaître le lien que nous avons avec toute chose et l'amour inconditionnel qui en résulte. Il n'y a pas de séparation, il n'y a pas d'être séparé. Dans ce cas, l'amour pour chacun, et pour chaque chose, m'inonde, puisqu'il n'y a plus de peurs à avoir vis à vis de l'autre. Mais pour vivre pleinement cet amour, pour ne pas en rester à un amour d'ego à égo, où à la fois j'aime mais je veux obtenir quelque chose en retour, il s'agit de sacrifier cet ego à l'autel du divin. C'est pourquoi la voie christique est celle du sacrifice: le sacrifice de l'ego, des désirs, des attachements, de la personne. Ici aussi, dans cette voie, on atteint la pure présence du "je suis", le "Eyeh Esher Eyeh" de Dieu qui nous emplit de sa Grâce, et nous vivre l'amour absolu et inconditionnel.

Il existe enfin une troisième voie, la voie de la transmutation, qui a été moins connue et qui n'a pas donné lieu à des religions exotériques (c'est à dire des religions pour tout le monde, comme le sont le Christianisme, l'Islam, le Judaïsme, l'Hindouisme et le Bouddhisme). Elle prend sa source dans la transmutation de la matière, à partir de la fusion des énergies féminines et masculines. En occident, cette voie a été développée par l'alchimie, la magie et les pratiques occultes (Hermès Trismégiste, culture d'Isis), et en orient, ce sont les traditions tantrique et taoïste qui en ont été les porteuses. Elle prend sa source dans la puissance sexuelle et sa transmutation par le Coeur et la Conscience.

Chacune de ces voies, conduit à la suppression et à la transmutation de la souffrance: la voie bouddhique supprime le désir et développe la conscience (awareness) et la Sagesse, la voie christique transcende la souffrance dans le sacrifice de sa personne et dans l'amour inconditionnel, la voie alchimique transmute la matière dans l'action.

Evidemment, chacune de ces voies emprunte aux autres: dans le Mahayana, l'amour et le sacrifice du Bodhisattva est une incarnation de la voie du coeur. La voie alchimique mets aussi l'accent sur la conscience, la sagesse et l'amour, et il semblerait que certains aspects ésotériques de la voie christique ait pu rencontrer l'alchimie de la transmutation des âmes par la rencontre sexuelle avec le bien aimé (qu'il s'agisse du divin ou de l'être cher avec lequel s'effectue le Mariage Sacré). Ces dernières années on a pu voir ainsi un rapprochement essentiel entre la voie christique et le tantra par l'importance nouvelle que prend Marie-Madeleine dans les nouveaux courants spirituels, considérée comme la compagne de Yeshua, celle qui lui enseigne la sexualité sacrée (voir à ce sujet "Le manuscrit de Marie-Madeleine", et les livres, plus réservés néanmoins, de J.-Y. Leloup (On pourra lire avec bonheur son roman qui n'en est pas tout à fait un: "Une femme innombrable"))

Mais ces trois voies en nécessitent finalement une quatrième, qui n'a été révélée que récemment, et que j'appellerai la Voie Luciférienne.. Je reviendrai un jour sur Lucifer, le porteur de Lumière, prince de la dualité, qui a souvent pris le visage de Satan (l'accusateur) et du Diable (celui qui divise). Cette voie, qui s'intègre naturellement aux autres, porte sur le travail de l'Ombre, sur tout ce que nous ne voulons pas voir en nous, sur tout ce qui devient la source de nos angoisses et de nos répulsions. Elle a été découverte en Occident, par le travail psychothérapeutique, notamment par Freud, mais surtout par Jung qui en a donné une vision claire en reliant cette ombre individuelle à l'ombre collective inconsciente de nos sociétés, et plus généralement de toute l'espère humaine. Il ne s'agit pas de suivre Lucifer, mais de reconnaître, de pardonner, et d'intégrer, en la transmutant en Lumière, cette part d'ombre qui est en nous.

Il me semble qu'il existe en ce moment une synthèse qui commence à prendre forme entre ces différentes voies, afin de former l'union de l'Incarnation, du Coeur et de l'Esprit et d'une manière générale, l'union "intégrale": alliance du masculin et du féminin (en soi et en couple), union de l'action et de la sagesse, de la relation verticale (vers le divin) et action horizontale (action dans le monde).
Cette synthèse, en reliant au plus profond des traditions a priori séparées mais pourtant soeurs, permet d'accélérer le développement individuel et collectif de l'humanité.

L'approche intégrale, celle dont il est fait mention dans le blog www.visionsintegrales.com, s'effectue d'abord à l'intérieur de soi, au plus profond de son être, en reliant tout ce qui est vécu comme séparé et distinct, en réunissant ce qui a été disjoint, voire dissocié. Relier le sexe (et le ventre) au coeur et au troisième oeil, relier la base vitale de notre survie immédiate et l'aspiration au divin, aller au delà de l'ego pour atteindre la reliance du coeur, et intégrer cette ombre à nous mêmes, afin de diminuer le mécanisme de projection, source des peurs et des exclusions de toute nature... Ensuite, à partir de ce lieu où la Puissance, l'Amour et la Sagesse ne font plus qu'un, il est possible d'amener le travail à l'extérieur de ce temple et ainsi de transformer le monde.

Ceci est le travail d'un certain nombre d'auteurs.. En premier lieu Padma Aon Prakasha (voir son site: www.christblueprint.com) ou celui de Robert Budd (www.genekeys.net), et bien entendu le travail de Ken Wilber (integrallife.com). Malheureusement, je ne connais pas d'auteur en français qui, explicitement, explique cette intégration des trois voies (plus l'ombre). Du travail en perspective ☺

Au fait, j'espère que vous aimerez le symbole que j'ai dessiné (en fait que j'ai reçu) qui exprime cette synthèse (il manque un petit quelque chose, qui porte sur la part d'ombre, mais je n'ai pas encore pris le temps de le dessiner).

Aaron / Jacques

mercredi 3 mars 2010

Ateliers de Yoga et de Méditations Tantriques

Les 14 mars, 28 mars et 11 avril, nous allons, Stephanie (enseignante de Yoga certifiée) et moi, animer une journée dédiée à l'énergie tantrique et à la connexion (à soi, à l'autre et au divin).

Chaque journée sera différente et consacrée à un thème particulier..

Pour plus d'informations: jferber.free.fr/animations

Yoga (le matin, animé par Stephanie)
L'objet du Yoga est de développer le corps énergétique pour nous aider à nous connecter à la partie la plus profonde de nous-mêmes.
Cet atelier nous aidera à libérer le corps, trouver sa vraie nature, en se connectant avec compassion aux autres, ainsi qu'à trouver sa puissance pour l'incarner en acte dans sa vie quotidienne.
Il sera pratiqué un style de Hatha-Yoga hybride, mêlant des mouvements thérapeutiques et des méditations. Chaque cours sera créé à partir des demandes des participants. Respiration et mouvement en conscience aideront à énergétiser nos corps et calmer notre esprit.

Méditations tantriques (l'après midi, animées par Jacques)
Cet atelier portera sur la partie méditative, contemplative et dévotionnelle du tantra, en mettant l'accent sur notre relation au divin, seul ou avec quelqu'un d'autre. Il s'agira d'aller au fond de "qui nous sommes vraiment" indépendamment de notre personnalité et de notre histoire de vie.
On travaillera sur la respiration, le mouvement, la circulation des énergies, mais aussi sur la conscience, la sensualité et la relation à l'autre dans un contexte non sexuel. Il s'agira ainsi d'avancer sur la voie extatique de la connexion au divin.

Ces ateliers s'adressent à tout public, pratiquant ou non de tantra et/ou de yoga.

Lieu : Montarnaud (près de Montpellier)
Dates: les dimanches, 14 mars, 28 mars et 11 avril, de 9h30 à 17h30
Prix : libre, laissé à l'attention de chacun
Informations: jferber.free.fr/animations
Renseignement et inscription (obligatoire) auprès de Jacques: jaacoofr@yahoo.fr

mercredi 10 février 2010

stand by me - footpints in the sand

Vous connaissez certainement cette chanson "stand by me" et sa version (playing for change) qui est si merveilleuse (si vous ne l'avez jamais écouté, faites le tout de suite, et si vous la connaissez déjà, réécoutez là.. Je ne m'en lasse jamais..)



Voici les paroles, elles disent simplement "sois avec moi" ou "demeure avec moi".. Evidemment, dans le texte, il est question de "darling" et on imagine la personne aimée du chanteur ou de la chanteuse... Maintenant, réécoutez là, en entendant que "darling" représente le Bien Aimé intérieur, la présence divine en soi..(comme dans le cantique des cantiques) Et connectez vous ou ressentez votre coeur à ce moment là... Voici les paroles et ma traduction (approximative):





When the night has come
and the land is dark
And the moon is the only light we see
No, I won't be afraid
Oh I won't be afraid
Just as long as you stand, stand by me
Oh, stand, stand by me, stand by me

So darling, darling, stand by me, oh, stand by me
Oh stand, stand by me, stand by me

If the sky that we look upon should tumble and fall
Or the mountain should crumble to the sea
I won't cry, I won't cry, no, I won't shed a tear
Just as long as you stand, stand by me

And darling, darling, stand by me
Darling, darling, stand by me
Whenever you're in trouble
Won't you stand by me, oh, stand by me
Quand la nuit tombe, et qu'il fait sombre et que la lune est la seule lumière que l'on voit,
Non, je n'aurais pas peur, je n'aurais pas peur, tant que tu reste avec moi, sois avec moi...


Alors, bien aimé(e), demeure avec moi, reste avec moi,
sois avec moi..

Si le ciel que nous recherchons devait dégringoler et tomber,
ou si la montagne devait s'écrouler dans la mer
Je ne pleurerais pas, je ne pleurerais pas, je ne verserais pas une seule larme,
aussi longtemps que tu demeures avec moi







Alors, bien aimé(e), demeure avec moi, reste avec moi,
sois avec moi..


C'est en fait une prière, un chant d'amour tourné vers le divin.. Et si l'on écoutait un grand nombre de chants d'amour ainsi, en voyant l'autre non pas comme la personne aimée, mais comme l'Autre qui est en nous, comme la présence lumineuse du Soi, comme l'étincelle divine source d'Amour inconditionnel qui nous a amené à l'existence... Et cela me fait penser à ce merveilleux poème "Footprints in the sand" ("Empreintes de pas sur le sable") qui a fait le tour du monde... Je l'ai entendu pour la première fois dans le désert du Sinaï, en 2001, et cela n'a pas cessé de rester en mémoire. Tout particulièrement quand je me sens seul et abandonné... chaque fois qu'au fond de moi résonne ce cri "mon dieu, pourquoi m'as tu abandonné?".. (note: ne vous laissez pas impressionner pas le mot "seigneur" et remplacez le, si vous le désirez, par "Bien Aimé"..)







One night I dreamed I was walking along the beach with the Lord.
Many scenes from my life flashed across the sky.
In each scene I noticed footprints in the sand.
Sometimes there were two sets of footprints,
other times there were one set of footprints.

This bothered me because I noticed
that during the low periods of my life,
when I was suffering from
anguish, sorrow or defeat,
I could see only one set of footprints.

So I said to the Lord,
"You promised me Lord,
that if I followed you,
you would walk with me always.
But I have noticed that during
the most trying periods of my life
there have only been one
set of footprints in the sand.
Why, when I needed you most,
you have not been there for me?"




The Lord replied,
"The times when you have
seen only one set of footprints in the sand,
is when I carried you."


Mary Stevenson
Empreintes de pas sur le sable
Une nuit j’ai rêvé que je marchais
Le long de la plage avec le Seigneur.

Plusieurs scènes de ma vie étaient projetées dans le ciel.
Pour chacune d’elle, je voyais des empreintes de pas sur le sable.
Parfois il y avait deux séries d’empreintes;
Parfois, il n’y en avait qu’une.

Cela m’a troublée de constater que,
Durant les moments écrasants de ma vie, alors que je
Vivais de l’angoisse, du chagrin ou de la défaite,
Je ne pouvais voir qu’une seule série d’empreintes.

Alors j’ai dit au Seigneur : " Tu m’avais promis,
Seigneur, que, si je Te suivais,
Tu marcherais toujours avec moi.
Mais, j’ai remarqué que, durant les périodes les plus difficiles
De ma vie, il n’y avait
Qu’une série d’empreintes de pas sur le sable.
Pourquoi, alors que j’avais le plus besoin de Toi,
Tu n’étais pas là pour moi ? "

Le Seigneur a répliqué :
" Les fois où tu n’as vu qu’une seule série d’empreintes
C’était quand je te portais dans mes bras. "

Mary Stevenson

Ce n'est pas le divin qui nous a abandonné, c'est nous qui avons abandonné la Vie, qui nous sommes coupé de Sa présence.. a cause de nos peurs, blessures, fatigues, nous nous sommes recroquevillés sur nous-mêmes, nous vivant comme victime, alors que nous en sommes le fruit aimé!!

Une seule issue, rouvrir la carapace, prendre une bonne respiration et regarder le monde autour de nous, regarder la vie en chaque chose et la respirer à plein poumons en ressentant chaque partie de notre corps, et en ré-ouvrant notre coeur à l'Amour qui n'a pas cessé d'être présent..

avec Amour...

Jacques